Bloquée en Australie, elle doit débourser 8200 euros pour rentrer à Paris

 Bloquée en Australie, elle doit débourser 8200 euros pour rentrer à Paris

Linda Hella sa sœur et sa nièce en Australie


Bloquée à Perth en Australie à cause de l'épidémie du Coronavirus, la française Linda Hella, 46 ans, originaire de Jouy-le-Moutier dans le Val-d'Oise, a appris que si elle veut rentrer à Paris ce vendredi 27 mars, elle devra débourser 15 000 dollars australiens (8 200 euros). « Sur le site de Qatar Airways, la seule compagnie qui assure encore les liaisons entre les deux pays, il ne reste que des billets en classe affaires », s’indigne-elle


« Les assurances ne prennent pas en charge notre rapatriement parce qu’il s’agit d’une pandémie », fulmine encore cette comptable qui travaille au ministère de la Transition écologique à Paris.  


Linda Hella est arrivée en Australie le 27 février dernier avec sa sœur, sa nièce et la fille de sa nièce. Toutes devaient rentrer (demain) ce vendredi 27 mars, à Paris. « On était en plein désert quand Singapore airlines nous a appelées pour nous informer que notre vol retour était annulé », raconte-t-elle. « On a roulé alors 1 300 kilomètres en pleine nuit pour arriver à l’aéroport de Perth pour obtenir des informations complémentaires ». Sur place, Linda apprend qu'il faut « attendre 6 semaines pour être remboursée ». 


Linda cherche alors une solution de repli. Elle découvre que si elle veut rentrer comme prévu le 27 mars à Paris, elle doit débourser 8200 euros. « Comment voulez-vous qu’on puisse payer une telle somme ? », interroge en colère Linda. « Nous sommes 4, faites le calcul ! ». 


Dès lors, Linda Hella prend contact avec le consulat de France basé à Perth. « Une dame est venue nous rendre visite hier (NDLR : mercredi 25 mars). En gros, le consulat ne peut rien faire. Elle m’a même sermonnée ! Elle m’a dit qu’il fallait regarder à la fin de mon passeport où il est indiqué que chaque ressortissant français doit partir avec de l’argent », peste-t-elle. 


Pour l’instant, la location du camping-car leur a été prolongée gratuitement pour cinq jours.  « Nous gérons au jour le jour. Nous allons nous inscrire sur une plateforme qui aide les Français coincés en Australie à se loger », explique Linda. « On espère pouvoir trouver des vols moins chers. On a peur que dans quelques jours, il n'y ait plus d'avions qui décollent d'Australie », redoute-t-elle. 


Mais ce qui inquiète le plus cette quarantenaire, c’est l’état de santé de sa nièce. Atteinte d’un cancer, son traitement arrive à échéance.  « Nous sommes allées à l’hôpital de Perth avec une ordonnance française. Mais comme parmi les médicaments, il y a de la drogue, morphine etc., les médecins et c’est normal, ont refusé de prolonger le traitement », détaille-t-elle. 


Le consulat français a promis de tout faire pour que la nièce de Linda Hella puisse obtenir ses médicaments à temps.  


« On sait qu'il y a pire que nous. Qu'il y a des gens qui meurent en ce moment du Coronavirus. On aimerait juste pouvoir retourner auprès des nôtres », conclut Linda Hella. 


 


 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.