Deux militants communistes agressés au rassemblement contre l’antisémitisme

 Deux militants communistes agressés au rassemblement contre l’antisémitisme

Manifestation contre l’antisémitisme à Paris


Le rassemblement pour dire Non à l’antisémitisme Place de la République à Paris de ce mardi était censé prôner la paix, la tolérance. Pourtant, comme le rapportent nos confrères de l’Humanité, deux jeunes militants du Parti communiste français et du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) se sont fait insulter d’« antisémites », de « sales communistes ». Cédric Goulmot, 25 ans, et son ami Lucas, 20 ans, ont même été frappés au sol.


Les auteurs de ces agressions reprochaient aux militants communistes « identifiés grâce aux drapeaux et aux autocollants de leur organisation », leur soutien à la cause palestinienne. « On nous reprochait de soutenir le peuple palestinien avec un confusionnisme énorme sur la question. Les gens prétendaient que les Palestiniens étaient tous des criminels qui en voulaient aux juifs », rapporte à l’Humanité Lucas.


« Je porte un keffieh autour du cou que ma mère m’a offert », raconte-t-il encore. Celui-ci lui sera arraché violemment, « en m’étranglant et en m’insultant », précise le jeune homme, évoquant le symbole que celui-ci représentait. « Quelques personnes disaient nous soutenir », mais pas suffisamment pour empêcher une deuxième salve de coups et d’insultes. Et, si la police était présente, elle est, selon les deux victimes, « restée indifférente ».


Cédric raconte « avoir été empoigné et plaqué par un agent, après avoir subi l’agression des participants ». Il aurait également passé la nuit en observation aux urgences. Il serait sorti ce mercredi avec cinq jours d’ITT.


Ils ont été agressés « parce que communistes et militants de la cause palestinienne », ont déclaré la fédération du PCF des Hauts-de-Seine et celle du MJCF dans un communiqué, décrivant un « climat de haine largement entretenu depuis plusieurs jours par des irresponsables politiques, qui de nouveau tentent d’associer toute critique de la politique du gouvernement israélien à de l’antisémitisme ».


« Jamais la lutte indispensable contre l’antisémitisme ne doit être prétexte pour des groupes radicalisés à faire régner la terreur et remettre en cause la liberté d’expression et d’opinion », ont rappelé encore ce mercredi le PCF 92 et le MJCF 92. 


Pierric Annoot, secrétaire départemental du PCF, n’est pas étonné par ses agressions. Il affirme se souvenir « des agressions que lui et ses camarades avaient subies de la part de la Ligue de défense juive et du Betar, deux mouvements extrémistes et violents, lorsqu’il militait pour la libération de l’avocat Salah Hamouri, en 2012 ».  Les deux militants communistes ont déposé plainte ce mercredi auprès du Procureur de la République.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.