GendNotes, l’appli des gendarmes qui fiche les citoyens ?

 GendNotes, l’appli des gendarmes qui fiche les citoyens ?

Pascal GUYOT / AFP


Orientation sexuelle, origine raciale, opinion politique. Lors de leurs interventions, les gendarmes notent ces données sur une appli qui soulève des questions.


Beaucoup dénoncent une violation de la vie privée et un fichage potentiel des citoyens. Depuis plus d’un mois, les gendarmes utilisent une application lorsqu’ils effectuent des contrôles, outil qui permet de noter des données parfois personnelles.


L’appli s’appelle « GendNotes », elle ne serait qu’un moyen de moderniser l’intervention des gendarmes sur le terrain et leur méthode de prise de notes sur leurs téléphones professionnels, plutôt que sur leur traditionnel calepin.


Méfiance, répondent bon nombre d’associations de défense des droits des citoyens.



« Nécessité absolue »


Nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, les informations à renseigner sont plutôt classiques. Excepté peut-être l’emplacement réservé aux commentaires libres des gendarmes.


Selon le décret qui autorise un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « application mobile de prise de notes », « en cas de nécessité absolue », ils peuvent y noter des informations relatives à « l’origine raciale ou ethnique, aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, à l’appartenance syndicale, à la santé ou à la vie sexuelle ou l’orientation sexuelle ».


C’est là que le bât blesse. Comment vérifier cette « nécessité absolue » ? C’est un « faux débat », rétorque la gendarmerie nationale.


Recours en justice


Les données seront ensuite conservées 3 mois, délai pouvant être poussé jusqu’à un an maximum. Sur ce laps de temps, autorité judiciaire, préfecture, mairie pourront accéder à ces informations.


Devant tant de questions soulevées, la Ligue des droits de l’Homme a annoncé son intention de déposer un recours en justice contre le fichier GendNotes.

Chloe Juhel

Chloe Juhel