Société. La statue de Colbert taguée « Négrophobie d’État »

 Société. La statue de Colbert taguée « Négrophobie d’État »

Dénoncer la présence dans l’espace public de ces figures de l’histoire coloniale. Un militant antiraciste a tagué la statue de Colbert devant l’Assemblée nationale.

Les statues représentant des figures du colonialisme ou de l’esclavage sont désormais dans le viseur des militants antiracistes. Hier le 23 juin, c’est la figure de Colbert se trouvant au pied de l’Assemblée nationale qui a été taguée « Négrophobie d’État » et recouverte en partie de peinture.

L’auteur de ce tag a été interpellé, en flagrant délit, comme on a pu le voir en direct sur Facebook sur la page de l’association Brigade anti-négrophobie. Sur la vidéo, on peut entendre le militant rappeler que Colbert prônait « le meurtre des noirs, le viol des noirs », « ce qui est interdit, c’est le racisme. Cet homme-là est l’apologie de la négrophobie ». L’ancien ministre de Louis XIV est en effet à l’initiative du Code noir, ce texte qui a légiféré en 1685 l’esclavage dans les colonies françaises.

 

Nier une partie de l’Histoire

La polémique mémorielle est plus que jamais d’actualité alors que de nombreux militants antiracistes à travers le monde « déboulonnent », selon le terme consacré, ce type de statues. Ce matin, le 24 juin, Olivier Ferrand a par ailleurs, refusé de rebaptiser la salle Colbert de l’Assemblée nationale au motif que « réécrire l’Histoire, vouloir nier une partie de l’Histoire, de la complexité de l’œuvre des hommes, c’est absurde ». « Au fond, il faut peut-être mieux expliquer les ombres et les lumières de chaque personnage de notre Histoire. Peut-être que là nous avons des efforts à faire pour éclairer les citoyens », a expliqué le président de l’Assemblée nationale.

Chloé Juhel

Chloé Juhel