(video) Zakaria Belamri, fondateur de Keep Smiling et homme de coeur

 (video) Zakaria Belamri, fondateur de Keep Smiling et homme de coeur

crédit photo : Yassir Guelzim


« Quand je sens que les gens vont mieux, je me sens mieux ». L’ingénieur informatique a fondé l’association Keep Smiling, qui vient en aide aux enfants des rues du Maroc et l’entreprise Ma Boucherie Solidaire. Un bel exemple de partage et de don de soi.


 


Il y a une aura mystérieuse autour de Zakaria Belamri. Quand vous le rencontrez, il y a de grandes chances qu’il vous accueille avec un grand sourire, un regard enjoué et une poignée de mains franche. Sans qu’on puisse la définir, on se dit très vite qu’on a affaire à « quelqu’un de bien ».


Ce natif de Khemisset en 1982 passe sa jeunesse au Maroc jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. En 2000, il vient poursuivre ses études en France. Bosseur, méthodique et auréolé d’une bonne étoile, il devient ingénieur informatique, spécialisé dans les big data. Devenu conseiller informatique pour plusieurs grandes sociétés, Il n’en oublie pas pour autant d’être dans le don de soi. Une éducation qu’il doit à feu sa grand-mère. « Nous habitions à la campagne et ma grand-mère aidait les gens. Elle les soignait et avait un rôle social important. J'ai donc été élevé là-dedans et je garde en tête l'idée que si des gens vont mieux, je vais mieux ».


Et pour se faire du bien, le trentenaire multiplie les projets qui correspondent à son époque et à sa volonté de faire du bien. C’est dans cet esprit qu’il lance en 2005, l’association Keep Smiling. « J'étais préoccupé par la question des enfants des rues au Maroc, nous explique l’ingénieur informatique. J'ai envoyé un mail à des gens pour voir qui pourrait me suivre. Certains se sont moqués de nous ou ont pensé que nous ne pourrions rien faire. Nous étions 5 au départ et on a commencé par un projet simple de distribution de fournitures scolaires. »


 


Un gala solidaire pour aider les enfants des rues du Maroc


Le projet est lancé et très vite, à force de persuasion et de travail, l’association grossit et devient un acteur de l’aide sociale aux enfants des rues. Récolte de dons, recherche de subventions et mise en place de partenariats. En 2008, l’association a l’idée géniale de faire participer des humoristes à un gala solidaire pour aider à récoler les fonds. C’est un succès qui permettra en 2010 d’ouvrir un centre d’accueil pour les enfants des rues de la ville de Marrakech. « Il n'y a pas de limites à ce projet, juge Zakaria Belamri. Depuis 2005, nous avons rencontré près de 2000 enfants que nous avons écouté, rencontré et aidé. On a travaillé à la réinsertion de 200 à 400 enfants par an. Le but est de se rapprocher de l'enfant, de l'écouter, de comprendre ses problèmes. On fait un diagnostic pour arriver à répondre à ses attentes »


Le 11ème gala solidaire se tiendra à l’espace Reuilly dans le 12ème arrondissement avec la participation de Oualas, Driss et Mehdi, Haroun, Samia Orosemane, etc.. Un moyen de rire et de faire le bien. Une volonté que l’on peut prolonger en devenant parrain d’un enfant des rues.


Le don de soi est inscrit dans son ADN et Zakaria Belamri estime qu’il n’y a pas de petits ou grands dons. « Le don n'est pas en lien avec la quantité, juge Zakaria. N'importe qui peut donner. Certains vont donner beaucoup, et d'autres peu mais au final peu importe, un don reste un don. Ce qui est donné avec le cœur, sans arrière-pensées, ne peut qu'être bénéfique pour tout le monde »


 


Manger bio, halal et solidaire


C’est dans le même esprit qu’il lance un autre projet à mi chemin entre l’entreprise et l’ONG. Son nom : Ma boucherie solidaire. L’idée est simple et en cohérence avec le monde d’aujourd’hui. Faciliter l’accès à de la viande halal mais qui soit bio tout en faisant des dons de viande aux plus nécessiteux. « Je l’ai lancé avec ma femme et un ami, raconte Zakaria. J’y passe mes après-midi et mes week-ends. Le bétail que nous proposons à nos clients est élevé avec du fourrage sans pesticides. Nous sommes en lien direct avec les éleveurs. L’important est d’établir un lien de confiance avec les éleveurs, les abattoirs et les clients. »


Une fois la commande passée sur le site, le colis arrive directement chez le client par camion réfrigéré. La particularité : il n’y a pas d’endroit physique de la boucherie solidaire. Tout se passe en mode 2.0


« Ce n'est pas une grande entreprise. Nous privilégions une entreprise à taille humaine. Nous avons entre 300 et 400 clients. Pour être honnête, on ne gagne pas d’argent. Le but c’est que ce soit viable ».


Et se lancer dans le marché de la viande, bio et qui plus est halal, n’a pas été une mince affaire pour celui qui, de son propre aveu, n’y connaissait rien. « Je ne viens pas du métier de la boucherie, ni mon père, ni mon grand père, nous dit Zakaria dans un grand sourire. J’ai beaucoup étudié d’autant qu’en France, la boucherie comprend des gens très spécialisés. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de découpe à la française. La boucherie, ce n’est pas un métier pour moi. C’est une passion ».


Une passion qu’il n’envisageait pas de ne pas associer à son envie de faire le bien. D’où l’idée de la solidarité. « Dès les premiers temps, on est entré en contact avec des associations qui donnent à manger aux pauvres en France.


A chaque campagne de livraisons de viande, nous donnons une partie de celle-ci aux associations qui travaillent sur la précarité. Plus nous aurons de clients, et plus on donnera. Nous sommes convaincus qu'il faut s'entraider et que chaque action même pour une personne est bénéfique ».


Il est possible aussi de faire son Akika à travers le site et donner certains morceaux de viande lors d’un sacrifice pour un nouveau né ou un baptême. Mais très vite, l’ingénieur informatique balaie la question religieuse. « Bien sûr, je suis musulman mais cela dépasse ce cadre-là. C’est de l’humain. Certains bénéficiaires ne sont pas musulmans et c’est très bien ». Car s’il garde à l’esprit un mot d’ordre dans sa vie, c’est bien celui du don de soi avant tout.


 


11ème gala solidaire de Keep Smiling, le 26 avril à partir de 20h à l'espace Reuilly (Paris 12)


Voir aussi : 


Keep Smiling, humour et générosité


 


 

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.