Syrien n’est fait, un festival engagé qui ravive les mémoires

 Syrien n’est fait, un festival engagé qui ravive les mémoires

Syrien n’est fait, festival engagé et un jeu de mot qui sonne l’alerte

“Syrien n’est fait” réunit artistes et intellectuels avec pour objectif de mettre en lumière la scène artistique et culturelle syrienne.

Le festival d’art engagé “Syrien n’est fait” lancé depuis 2016 a concocté un programme varié et entièrement en ligne pour l’édition 2020. Du cinéma, des expositions, des concerts et des conférences. Une édition écourtée. Elle s’est tenue, tout de même, du 9 au 11 décembre.

Cette rencontre dédiée à un pays meurtri, la Syrie, invite chaque année à Paris des artistes et des intellectuels, sans oublier le grand public. Objectif, célébrer la scène contemporaine syrienne qui lutte pour survivre. Cette année le festival est organisé en ligne et les animations à distance.

La programmation a proposé deux expositions photographiques. La première relève du street-art, art du quotidien et miroir de la contestation. La seconde “Ghazal en pleine création”, déroule des témoignages de femmes Syriennes, leur combat et leurs angoisses sont dévoilés et mis en mots. Témoignages lus par des comédiennes et comédiens de la Compagnie Jours dansants.

Un mélange d’électronique, de musique soufie et de rap

Last Postman, groupe syrien fondé il y a cinq ans à Istanbul et basé à Berlin, qui a fait son chemin depuis, a donné un concert. Autre représentation musicale, celle d’Osloob et Abo Gabi. Le premier est rappeur palestinien, le second est un chanteur syro-palestinien. Leur musique est un mélange d’électronique, de musique soufie et de rap.

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Outre l’art et la culture, un volet politique est au menu. Trois conférences dont une qui a porté sur le thème “Justice et responsabilités”. Une interrogation sur l’étendue des compétences juridictionnelles de la France et de la Cour européenne.

Emeline Hardy, coorganisatrice du festival fait valoir cet acte de présence, afin de raviver les mémoires et les consciences et pour lutter contre l’oubli. « On parle de moins en moins de la Syrie, des Syriens et des Syriennes, a-t-elle regretté, les associations s’essoufflent. Les soutiens se font de plus en plus rares”.

Une 5è édition qui a présenté le meilleur de la création en lien avec la Syrie avec le soutien de la Mairie de Paris et  l’Atelier des Artistes en exil. Moyennant art, culture et débat, “Syrien n’est fait” est un exquis jeu de mot qui sonne l’alerte. Malgré un contexte dissuasif ce festival a donc fait.

Mishka Gharbi