Un an après Sousse : les touristes de retour ?

 Un an après Sousse : les touristes de retour ?

Il y a un an


Intense émotion à la cérémonie organisée dimanche à Sousse un an après le massacre qui y a été perpétré par des hommes se revendiquant de l’État islamique. Mais aussi une sécurité omniprésente, comme pour rappeler que la Tunisie est loin d’en avoir fini avec la menace terroriste. De nombreux officiels et diplomates des pays dont des ressortissants ont été touchés lors des attaques de l’année 2015 ont malgré tout fait le déplacement jusqu’à la plage tunisienne théâtre du drame.


 


Émotion et recueillement à Sousse un an après


Une minute de silence a été observée dimanche sur la plage tunisienne près de Sousse où 38 touristes, dont 30 Britanniques, ont été tués il y a un an, le 26 juin 2015, dans un attentat revendiqué par le groupe État islamique (EI). Un Tunisien armé d’un fusil d’assaut avait ouvert le feu sur la plage et dans l’hôtel Imperial Marhaba pendant de longues minutes avant d’être abattu par les forces de l’ordre.


La ministre tunisienne du Tourisme Selma Elloumi Rekik et un responsable du Foreign office pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Tobias Ellwood, ont déposé des gerbes au pied de la pancarte à la mémoire des victimes plantée au bord de la mer à Port El Kantaoui, station balnéaire près de Sousse, où est situé l’hôtel Imperial Marhaba où logeaient la plupart des victimes.


Un pasteur a ensuite égrené les noms des victimes sous l'oeil des forces de sécurité présentes en masse, et 38 roses blanches ont été déposées à la mémoire de chacune d'entre elles. Des diplomates d'Allemagne, du Portugal, d'Irlande, de Belgique et de Russie, pays ayant également perdu des ressortissants lors de l'attaque, étaient présents, tout comme des employés de l'hôtel.


« Il est important de se souvenir des vies de ceux que nous avons perdus et de continuer à soutenir ceux qui ont été pris dans cet évènement tragique », a souligné M. Ellwood, en remerciant le personnel de l'hôtel, dont des membres « se sont mis en travers des armes pour protéger la vie d'Européens ».


 


Les touristes de retour ?


Le ministère du Tourisme communique à tour de bras pour montrer – photos à l’appui – que les touristes sont de retour en Tunisie et à Sousse en particulier pour profiter du soleil et de la mer. « Une année après l'attaque terroriste qui a touché l'hôtel Impérial de Sousse, et avec tous les effets négatifs que cela a eu sur le tourisme et l'économie tunisienne, la ville de Sousse enregistre le retour progressif de son allant touristique » peut-on y lire sur la page Facebook du ministère en commentaire de photos montrant des plages d’hôtel remplies.


Le délégué régional au tourisme de la région a affirmé qu'il y a actuellement plus de 13 000 touristes dans la ville de Sousse, dont une majorité de Russes. Ceux-ci sont en effet visibles un peu partout sur la côte tunisienne et même plus à l’intérieur du pays, visitant notamment El Jem ou Kairouan. La compagnie aérienne nationale a d’ailleurs inauguré le même jour sa nouvelle ligne directe entre Tunis et Moscou, où le premier avion a été accueilli en grandes pompes.


La Tunisie aura cependant du mal à compenser avec le seul marché russe l’absence de nombreux touristes d’Europe de l’Ouest, son principal marché. Après Sousse, la Grande-Bretagne avait recommandé aux touristes britanniques de quitter la Tunisie et déconseillé tout voyage « non essentiel » dans le pays. Londres a été rapidement imitée par plusieurs autres capitales européennes. « Après le mois de ramadan, il va y avoir un rafraîchissement de ce conseil aux voyageurs. Espérons qu'il soit positif », a dit Mme Elloumi, à l’issue d’un entretien avec les autorités britanniques.


M. Ellwood a qualifié la rencontre à ce sujet avec la ministre tunisienne de « très constructif » et salué « les énormes progrès » en matière de sécurité en Tunisie, sans toutefois se prononcer sur la possibilité d'une éventuelle modification de ce conseil aux voyageurs. « Mais je parle pour tous les Britanniques : (ils) ont hâte (…) de revenir en vacances ici », a-t-il assuré.


Rached Cherif


(Avec AFP)

Rached Cherif