La Série Economie.Sami Hamadouche : "Inventer le monde de demain"

crédit photo : Gérard Launet/Altopress/AFP

MAGAZINE DECEMBRE 2017

Professeur et chercheur en neurosciences et en innovation collaborative, Sami Hamadouche a fondé il y a six ans les Ecoles du futur pour les enfants de la Terre. Objectif ? Démocratiser le digital au bénéfice des jeunes dans le monde. 

Des écoles du futur, cela fait rêver ! De quoi s’agit-il exactement ?

C’est un projet collaboratif et créatif à destination des jeunes, qui a pour objectif le partage de son savoir-faire et de son savoir-être, afin que les expériences réalisées par les uns dans une région puissent être ­reprises par les autres dans un pays lointain ou sur un autre continent. Ces écoles sont ouvertes à la formation dès 6 ans, et jusqu’à 21 ans. Les élèves ont à leur disposition du matériel et des outils pour concrétiser leurs idées.

Les jeunes ont-ils été séduits par votre projet ?

Nous en accueillons 80 000 dans le monde, dont 6 500 en France. A Madagascar (où la première école de ce genre est née, ndlr), nous avons ouvert 15 écoles, mais il y en a aussi à La Réunion, en Australie, en Bolivie, en Afrique subsaharienne... Et nous mettons en place des actions ponctuelles au Maghreb. Nous veillons à nous adapter aux problématiques locales, donc il n’y a pas de structure type. En France, c’est un réseau d’associations de loisirs ; et à l’international, c’est une ONG avec 200 acteurs sur le terrain, dont 150 salariés financés localement par chacune des structures autonomes.

Selon vous, la fracture numérique est-elle encore une réalité ?

Il existe bien sûr des difficultés d’accès à internet, y compris en France. Mais il y a une espèce de déni dans l’Hexagone. Ce n’est pas parce qu’on possède un smartphone dernier cri qu’on maîtrise les services ­numériques. Pour preuve, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, nous avons accueilli des pré-ados. Une majorité d’entre eux n’avait jamais vraiment utilisé un ordinateur, que ce soit à l’école ou à leur domicile.

Comment sortir de ce paradoxe ?

Nous avons créé en Ile-de-France une première école à La Plaine-Saint-Denis et une seconde vient d’ouvrir à Aubervilliers. Ce sont des territoires où il y a un désert en termes d’éducation, une absence d’accessibilité aux outils numériques et un manque de réponses quant aux besoins socio-économiques... A Aubervilliers, nous avons lancé les Fablabs, des ateliers sur l’écologie urbaine, car le quartier de la Maladrerie est l’un des moins verts de la ville. Les jeunes ont posé des questions concrètes sur le climat, l’environnement urbain, notre santé et l’avenir de la planète. Notre objectif est de les ouvrir aux métiers de l’innovation.

Quels sont ces nouveaux métiers ?

Des métiers centrés sur l’usage du numérique, de l’écologie urbaine, des énergies renouvelables, de la partie robotique ou de l’intelligence artificielle. Avec une dimension transdisciplinaire et collaborative. Ces professions nécessiteront des compétences universelles, comme l’autonomie et la polycompétence, c’est pourquoi il est fondamental d’associer le numérique au savoir-être individuel et collectif. Nous voulons faire en sorte que les jeunes puissent disposer de la liberté de penser et d’inventer le monde de demain... Et éviter ainsi qu’ils subissent ce bouleversement et restent sur le bas-côté. 

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