Violences policières : nouvelle marche pour Babacar Gueye

 Violences policières : nouvelle marche pour Babacar Gueye

JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP


« Justice pour Babacar » ! C'est ce que scanderont certainement les personnes lors d'une marche pour soutenir la quête de vérité concernant la mort du jeune homme.


Marche


Demain (7 décembre), aura lieu une marche à Rennes afin de demander justice pour Babacar Gueye. Il y a quatre ans, presque jour pour jour, ce dernier décédait après avoir reçu cinq balles de la part d'un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) à Rennes. Selon le collectif Justice et Vérité pour Babacar, dans la nuit du 2 au 3 décembre 2015, Babacar est pris « d'une crise d'angoisse et se mutile avec un couteau de table ». Alors que les pompiers avait été appelés pour lui venir en aide, ce sont des policiers qui arrivent en premiers. L'un d'eux, ayant estimé que Babacar était « agressif », a usé de son arme à feu, invoquant par la suite la légitime défense pour justifier son geste.


Détermination


Le 6 juillet 2016, l'affaire est classée sans suite par le tribunal de grande instance de Rennes, au motif que le policier a agi « en état de légitime défense ». C'était sans compter sur la ténacité d'Awa Gueye, sœur du défunt, qui l'avait accueilli en France en 2015 en provenance du Sénégal. En 2017, cette dernière s'est portée partie civile et à déposer plainte contre le policier. Début 2019, elle obtient une expertise balistique qui, selon le collectif Justice et Vérité pour Babacar, montrerait que les cinq balles n'auraient pas été tirées de face. Information qui pourrait remettre en cause la légitime défense. 


 


Opacité


Le traitement des affaires de morts, causées par l'usage d'une arme à feu de la part de la police, restent très opaques. En janvier 2018, pour la première fois, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) publiait un rapport d'activités de l'année 2017 selon lequel « 14 personnes ont trouvé la mort lors d’interventions policières » et ce, depuis juillet 2017. « C’est la première fois que sont donnés de tels chiffres. Ce n’est pas une révolution mais une évolution », assurait Marie-France Monéger-Guyomarc’h, chef de l'IGPN à l'époque. Cette dernière a toutefois ajouté : « Ce recensement n’est pas le recensement des bavures policières ». Paru en juin 2019, le rapport d'activités de l'IGPN 2018 ne faisait état d'aucun mort suite à un « usage disproportionné de la force ou de la contrainte avec arme à feu »…


La marche « Justice pour Babacar » aura bien lieu samedi 7 décembre à Maurepas (Rennes) pour demander notamment « la mise en inculpation des responsables de la mort de Babacar » et une « reconstitution publique » afin de faire la lumière sur la mort de Babacar Gueye.

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