Une application pour filmer les interventions policières

 Une application pour filmer les interventions policières


Partant du principe que de nombreux citoyens filment les interventions de police sans savoir quoi faire de leur vidéo, des familles de victimes de violences policières lancent  UVP (Urgence Violences Policières). L’application, disponible sur Android et iOS, sera présentée ce mardi 10 mars à 19H30 lors d’une rencontre avec des jeunes de Villiers-le-Bel (95). 


« Alors que le gouvernement réfléchissait à une manière de limiter et contrôler ces vidéos, nous appelons au contraire à leur multiplication et à une vraie prise de conscience citoyenne sur ce sujet », martèle Amal Bentounsi, fondatrice du collectif Urgence Notre Police assassine et l’une des initiatrices du projet. « On l’a vu ces dernières années, et a fortiori ces derniers mois, les vidéos jouent un rôle majeur dans la lutte contre les violences policières », continue-t-elle.


« Qu’elles soient le fait d’amateurs ou de journalistes, ces vidéos servent à établir la réalité des violences policières, à les documenter, à contrebalancer la version officielle lorsque ces affaires sont portées devant la justice et justement, à faciliter la portée judiciaire », insiste la jeune femme. 


L’application, en accès libre, et disponible dès ce mardi 10 mars, permet de filmer en direct les interpellations policières. 


Les images reçues, seront traitées et utilisées par l’association, « à des fins de sensibilisation, de riposte et d’accompagnement des victimes », promet Amal Bentounsi. 


Quand la personne filme, une géolocalisation extrêmement précise se met en place et permet d’informer les relais locaux de la situation, « afin qu’ils puissent se rendre sur place », précise-t-elle.  


« Souvent, les agents filmés confisquent les téléphones et tentent d’empêcher l’enregistrement, voire le suppriment. Cette application a été pensée pour que les images nous parviennent quoi qu’il arrive. De fait, les vidéos étant directement enregistrées sur nos serveurs, elles ne pourront pas être effacées par ces agents », explique encore Amal Bentounsi. 


La présentation de l’application aura lieu ce mardi 10 mars à 19h30 à la Maison de quartier Boris Vian – 4, rue Scribe – 95400 Villiers-le-Bel. 


C’est l’Observatoire National des Pratiques et des Violences Policières (ONPVP) qui est à l’origine de cette initiative. Créé en 2016, il regroupe plusieurs familles de victimes de violences policières (Amal Bentounsi, les familles de Lahoucine Ait Omghar, d'Abdoulaye Camara, Jessica Lefevre épouse d’Amadou Koume…). L’ONPVP travaille sur les problématiques liées au maintien de l’ordre et aux violences policières. Pour les poursuites en justice, il est aidé par plusieurs avocats exerçant en France.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.