Un voyage organisé en Israël-Palestine pour mieux comprendre le conflit

 Un voyage organisé en Israël-Palestine pour mieux comprendre le conflit

Joan Deas


Joan Deas enseigne les sciences politiques à Sciences Po Grenoble. Ancienne humanitaire à Gaza et en Cisjordanie occupée, elle coordonne depuis 10 ans des voyages d’étude en Israël et en Palestine. Le prochain séjour, en partenariat avec l’Institut de Recherche Territoire Démocratique (IRTD), est prévu du 29 février au 7 mars 2020. 


En plus de Joan Deas, deux autres spécialistes de la question israélo-palestinienne – Inès Abdel Razek (Franco-Palestinienne consultante en diplomatie vivant à Ramallah) et Dominique Vidal (historien et journaliste) accompagneront les participants. Il reste encore quelques places…


Pourquoi avoir décidé d'organiser de tels voyages ?


A l’IRTD, nous partons du principe que rien ne remplace un voyage sur place pour se faire sa propre idée et véritablement comprendre toutes les nuances de la situation israélo-palestinienne, notamment les 50 ans d’occupation et leur impact sur les deux sociétés ainsi que sur le «processus de paix ».


Conçu comme une formation in situ, il permet d’aller au-delà des médiums d’information traditionnels en offrant l’occasion de visiter des lieux d’importance stratégique dans la compréhension du conflit.


On ne peut évidemment pas tout voir ni tout aborder en sept jours, mais mieux appréhender les enjeux du conflit grâce à l’acquisition de connaissances concrètes, à l’épreuve du terrain et la rencontre avec les premiers concernés – les Palestiniens et les Israéliens – est pour nous une approche fondamentale, au cœur de la démarche de ce séjour.


Depuis désormais 10 ans que j’organise ce genre de voyages, le succès de cette approche ne s’est jamais démenti.


Ce sont donc des voyages politiques….


Ces voyages sont avant tout des séjours d’étude. Comme tout est politique, particulièrement dans cette région du monde, alors oui, on peut les appeler des voyages politiques, bien que nous ne rencontrions aucun parti ni aucun homme politique en poste.


Nous ne sommes ni “pro-palestinien” ni “pro-israélien”, je n’aime pas ce type d’étiquette qui polarise et “binarise” dès qu’elle est apposée. Je lui préfère le fait que nous soyons “pro-droit international” et “pro-droits de l’homme”, et qu’en l’occurrence, l’occupation et la colonisation israéliennes les violent depuis plus de 50 ans.


Nous essaierons pendant sept jours de comprendre comment et pourquoi.


Pouvez-vous nous détailler votre voyage ? 


Plus de 20 visites et rencontres sont prévues en sept jours, dans près d’une dizaine de villes et villages en Palestine occupée et en Israël.


Les thématiques traitées vont de la situation des réfugiés palestiniens à l’agriculture, en passant par l’urbanisme, les négociations diplomatiques, les questions de genre, la psychologie, les questions économiques, humanitaires et sociales, avec évidemment en filigrane la situation politique et l’impact de l’occupation et de la colonisation sur les droits de l’homme de manière générale.


Nous passerons par Jérusalem, Ramallah, Bethléem, Naplouse, Hébron, Haïfa, Tel Aviv/Jaffa, Saint-Jean d’Acre, Rawabi, Qalqilya ou encore la Galilée.


Nos rencontres sont focalisées sur les organisations et acteurs majeurs des sociétés civiles palestinienne et israélienne, reconnus pour leur expérience, leur sérieux et leur professionnalisme (comme les associations B’Tselem, Breaking the Silence, Adalah, Zochrot, Stop the Wall, Youth Against Settlement, et bien d’autres).


Nous rencontrerons également des personnalités reconnues telles que l’ancien correspondant de France 2 et auteur, le Franco-Israélien Charles Enderlin, la psychiatre palestinienne Samah Jabr ou encore Gadi Algazi, universitaire et premier citoyen israélien à avoir refusé de servir en territoire palestinien occupé.


Nous rencontrerons également des organisations internationales comme l’Office de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, ainsi que des diplomates du consulat général de France pour mieux comprendre la position française sur la question.


Nous mélangerons constamment visites de terrain et rencontres de type conférence, afin d’utiliser à égale mesure les esprits et les souliers. 


Le programme a l’air très intense….


Oui, mais il reste évidemment la possibilité de profiter du voyage pour visiter des sites touristiques lors des moments de repos.


Les participants trouvent toujours le temps chaque année de visiter l’Esplanade des Mosquées, la Basilique de la nativité, le Mur des lamentations,… voire même de faire un tour à la plage ! Concilier politique et tourisme n’est donc pas impossible !


Votre prochain voyage tombe en pleine élection israélienne…


Effectivement, elle est prévue le 2 mars. Cela sera pour nous l’occasion de nous plonger dans l’ambiance inédite créée par un tel événement et d’aborder diverses questions liées à la société israélienne, notamment sa radicalisation politique.


Enfin, la spécificité de ce voyage est que trois accompagnateurs “spécialistes” de ce conflit – Inès Abdel-Razek (Franco-Palestinienne consultante en diplomatie vivant à Ramallah), Dominique Vidal (historien et journaliste) et moi-même – sommes constamment aux cotés des participants pour répondre aux nombreuses questions, clarifier les points qui le nécessitent et compléter les interventions en apportant notre propre expertise de la région.


Nous assurons également la traduction de toutes les interventions non francophones. Cela permet de “fluidifier” le voyage et de s’assurer que toutes et tous repartent avec la tête pleine de réponses, mais également de questions et d’envies de témoignage et de transmission!


Le lien si vous êtes intéressé par ce voyage : 


https://irtd.fr/service/sejours/

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.