Une israélienne de 18 ans emprisonnée pour refus de servir dans l’armée

 Une israélienne de 18 ans emprisonnée pour refus de servir dans l’armée

Le 27 août dernier


Une juste. Le 21 août 2019, Yasmin Ricci-Yahav, une israélienne âgée de 18 ans a été emprisonnée pendant 10 jours parce qu'elle a refusé de faire son service militaire.  


"Je ne ferai pas mon service militaire parce que je ne peux accepter qu'il n'y ait qu'un seul moyen, le moyen de la force, pour faire face à la situation actuelle d'Israël", a écrit la jeune femme dans une déclaration rendue publique sur Facebook. 


"Je n'accepte pas la répétition sans fin de dictons tels que "nous n'avons pas de partenaire pour la paix", "nous n'avons personne à qui parler" et "la force est la seule option". "Je refuse le service militaire dans l'espoir de l’apparition d’un discours plus ouvert et plus critique, en particulier chez les jeunes, sur le rôle actuel de l'armée dans la réalisation de l'occupation. J'espère que ma décision contribuera, aussi modestement soit-elle, à un changement de conscience progressif, et que ce changement entraînera à son tour la recherche d'une solution fondée sur la justice et l'égalité pour les Israéliens et les Palestiniens", a continué avec panache Yasmin Ricci-Yahav. 


Comme elle, tous les ans, des dizaines de "Refuzniks", objecteurs de conscience refusent de servir dans l'armée israélienne, notamment dans les territoires palestiniens occupés.


Le mouvement des "Refuzniks" est né en 1979 quand Gadi Algazi refuse de servir durant son service militaire dans les territoires occupés en Palestine. Il sera condamné à 10 mois de prison.


"Nous avons tous vécu une enfance marquée par la guerre et la haine, et nous avons tous grandi dans un monde où nous avons appris à craindre et à nous distancer de l'autre côté. Mais je crois qu'il existe un autre moyen de faire face à la réalité complexe dans laquelle nous vivons. Cela nécessite un débat sur les alternatives, le respect mutuel et le désir de changement. De plus, je crois que c’est de la jeune génération en Israël que doit venir le changement", a conclu Yasmin Ricci-Yahav. 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.