Bergerac : une tête de cochon et du sang jetés sur le chantier de la mosquée

 Bergerac : une tête de cochon et du sang jetés sur le chantier de la mosquée

MARAI / AFP


"Ils ont mis plein de sang, de cochon je pense, sur les murs. Ils ont accroché une tête de cochon sur la porte. On est bouleversé, choqué", raconte Abdel Kader Abdénouri, membre de l'Association culturelle de Bergerac, qui construit la mosquée sur la rive droite de la ville. 


"La façade, elle est rouge de sang. À l'intérieur et à l'extérieur. C'est vraiment une profanation, une menace. C'est une provocation", a-t-il ajouté ému.



Les faits ont été commis dans la nuit du dimanche 24 au lundi 25 mars. Une enquête a été ouverte pour dégradation d’un édifice affecté au culte. 



Des analyses sont en cours, mais tout porte à croire que c’est du sang qui a été projeté sur les murs du chantier de la future mosquée de la rive gauche, à Bergerac (Dordogne). Du sang animal, de porc selon toute vraisemblance, puisqu’une tête tranchée de cochon a également été retrouvée sur place. 



Ces dégradations ont été commises dans la nuit de dimanche 24 à lundi 25 mars. Très tôt avertie, la police s’est rendue sur place. C’est elle qui mène l’enquête ouverte pour dégradation d’un édifice affecté au culte. Les peines peuvent aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende. 



En parallèle de ces investigations, la police a immédiatement informé la préfecture qui, dans un communiqué de presse, "dénonce et condamne fermement ces actes qui portent atteinte à la liberté de conscience et d’expression des cultes et sont contraires aux principes de la laïcité". Le préfet y appelle "au respect mutuel dans le cadre du pacte républicain qui doit nous unir". 



Par ailleurs, l’Association culturelle des Marocains de la Dordogne (ACMD), porteuse du projet, a déposé une plainte au commissariat de Bergerac. 



Ces dégradations interviennent dix jours après le rejet d’un recours introduit par les opposants à la mosquée devant le tribunal administratif de Bordeaux.

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.