L’Université de Strasbourg n’augmentera pas ses droits d’inscription pour les étudiants étrangers en 2019

 L’Université de Strasbourg n’augmentera pas ses droits d’inscription pour les étudiants étrangers en 2019

Michel Deneken


Alors qu'aux Etats-Unis ou en Allemagne, des universités reviennent à la gratuité des études, la France opte pour l'augmentation des droits d'inscription pour les étudiants extracommunautaires (hors Union européenne) dès la rentrée 2019. Le coût d’une inscription en licence passerait de 170 euros par an à 2.770 euros et de 243 euros à 3.770 euros en master. Heureusement, une dizaine d’universités françaises ont décidé de faire de la résistance. Dernière en date, celle de Strasbourg.


"Si l'application des frais d'inscription différenciés entre en vigueur en septembre 2019, je m'engage à soumettre au vote du conseil d'administration des dispositions permettant aux étudiants internationaux de se voir appliquer les mêmes droits que les étudiants nationaux", a ainsi déclaré Michel Deneken, président de l'université, ce mardi 29 janvier, renforçant ainsi la position prise par le conseil d'administration de l'université le 18 décembre, en votant une motion contre cette mesure. 


Michel Deneken assure également qu'il fera en sorte "que les étudiants internationaux en doctorat ne soient pas soumis à d'autres droits que les étudiants nationaux". Il explique :


"L'Université de Strasbourg, est parmi les plus attractives de France sur le plan international. C'est sa richesse que d'être ouverte aux étudiants et aux chercheurs étrangers. Elle a été parmi les premières universités à accueillir des étudiants et chercheurs réfugiés".


Il y a environ 10.000 étudiants internationaux à Strasbourg dont 70% viennent de pays hors UE.

Comme Strasbourg, une dizaine d'universités se sont déjà positionnées contre cette mesure et le gouvernement a décidé de la suspendre pour lancer une concertation qui doit s'achever mi-février.


Si la mesure est maintenue, Michel Deneken a affirmé qu'il soumettrait une délibération au conseil d'administration du 12 mars qui actera officiellement la décision de l'université contre cette mesure.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.