Gaza : un deuxième journaliste palestinien abattu par l’armée israélienne

 Gaza : un deuxième journaliste palestinien abattu par l’armée israélienne

Ahmed Abou Hussein


C’est le deuxième journaliste palestinien tué depuis la fin mars et le début du mouvement de protestation appelé « la marche du retour ». Ahmed Abou Hussein, 25 ans, atteint par des tirs de soldats israéliens le 13 avril dans la bande de Gaza, a succombé mercredi 25 avril à ses blessures. Début avril, un premier journaliste, Yasser Mourtaja avait été abattu, malgré son gilet «presse», alors que l'armée israélienne assure ne tirer que sur les «meneurs» des «émeutes» et les Palestiniens cherchant à passer les barbelés. Reporters sans frontières (RSF) a réclamé une enquête indépendante sur les circonstances de la mort de Yasser Mourtaja, mais les autorités israéliennes s'y opposent. 



 


La famille d'Ahmed Abou Hussein a, elle, été informée de sa mort par les services palestiniens coordonnant les affaires civiles et humanitaires avec les autorités israéliennes. Son corps a été transféré en soirée à Gaza, selon des responsables palestiniens, et ses funérailles sont prévues ce jeudi 26 avril. 


Ahmed Abou Hussein travaillait pour la station palestinienne Radio Shaab et comme photographe pour un autre organe de presse.



Il avait été atteint à l’estomac en couvrant des manifestations près de Jabaliya, dans le nord de l’enclave palestinienne, selon les autorités à Gaza.


41 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens dans la bande de Gaza depuis le 30 mars, la grande majorité par des tirs de soldats postés sur la barrière de sécurité entre Israël et le territoire palestinien.


Des dizaines de milliers de Palestiniens de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, se rassemblent depuis cette date près de la frontière pour revendiquer le droit des Palestiniens de retourner sur les terres dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.



Le mouvement, prévu pour durer jusqu’à mi-mai, dénonce aussi le blocus imposé à Gaza par Israël depuis 2007. 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.