Mbark Boussoufa : « Cette équipe du Maroc a une âme »

 Mbark Boussoufa : « Cette équipe du Maroc a une âme »

Crédit photo : Bruno Fahy/Elga/AFP


MAGAZINE DECEMBRE 2017


Il fait partie de la formation qui a assuré la qualification du Maroc au Mondial 2018. Le milieu de terrain des Lions de l’Atlas revient pour nous sur la genèse de cette victoire, et nous livre sa vision du football moderne.


L’équipe avait l’air très sûre d’elle lors de la phase de qualification au Mondial 2018. Serait-ce l’année du Maroc ?


On a réussi à se qualifier dans un groupe difficile (Gabon, Mali, Côte d’Ivoire). Nous avions déjà eu de bons résultats lors de la CAN 2017. C’est une belle année pour le foot marocain. Il nous reste à faire nos preuves, évidemment, mais j’ai l’impression que nous pouvons envisager le futur avec confiance.


 


Qu’est ce qui a fait la différence cette fois ?


Notre envie de bien faire a été déterminante. L’équipe a été très engagée dans sa volonté de se qualifier. Au début, peu de personnes avaient confiance en nous. C’était difficile, mais nous avons fait de notre mieux pour bien jouer. Le déclic est venu lors du troisième match face au Mali (6-0). Nous avons, à ce moment-là, prouvé notre envie d’aller plus loin. Grâce à notre entraîneur et au peuple marocain, qui nous a suivis avec ferveur, on a senti que nous étions une vraie équipe.


 


On a l’impression que cette équipe du Maroc a une “âme”. Vous confirmez ?


Oui. Nous devons notre réussite en grande partie au staff et à l’entraîneur (Hervé Renard, qui a prolongé son contrat jusqu’en 2022 après avoir qualifié le Royaumme pour la Coupe du monde, ndlr). Ils ont réussi à faire naître un groupe qui a foi en lui. Il y a un vrai sentiment d’amitié et de solidarité entre nous, une sorte d’esprit commun. C’est sans doute grâce à cela que nous n’avons pas encaissé de but. On doit aussi notre qualification aux joueurs et à la fédération qui nous a mis dans de bonnes conditions. Tout le monde a fait de son mieux, et c’est ce qui donne ce sentiment de force.


 


Vous avez joué dans des clubs prestigieux (Chelsea, Ajax, ­Lokomotiv Moscou…). Maintenant, vous évoluez au Al-Jazira Club, aux Emirats arabes unis. Quel regard portez-vous sur le football moderne et l’argent qui l’entoure ?


Le football est en train d’évoluer. J’espère que l’Afrique va ­pouvoir aller encore plus loin, même si les conditions ne sont pas encore totalement réunies, avec des terrains en mauvais état par exemple. Mais le monde change rapidement aujourd’hui, et dans le bon sens. Le football est vu partout grâce à internet et aux réseaux sociaux. En dehors des championnats anglais et espagnols, qui sont très au-dessus, les compétitions se sont équilibrées. Une “petite équipe” peut battre une grande. D’ailleurs, les Pays-Bas ou l’Italie n’iront pas en Russie l’an prochain !


 


Quelle relation entretenez-vous avec le Maroc ?


Je n’y suis pas né, mais j’y vais très régulièrement. Ce sont mes racines. J’ai commencé à jouer avec le Maroc dès 2006. J’éprouve de la fierté quand je porte la tunique verte et rouge. Je me sens très proche de ce pays. C’est une relation spéciale, difficile à décrire. Vous vous sentez Marocain quand vous entendez l’hymne national en face des fans qui vous supportent.


 


Vous avez créé la Boussoufa Foundation pour soutenir financièrement les enfants défavorisés hospitalisés… Quel sens donnez-vous à cet engagement ?


J’ai de la chance. Je suis joueur de foot et c’est un beau métier, mais j’ai conscience qu’il y a des personnes dans une situation difficile. Il est important de partager et de se sentir concerné par ce qui se passe autour de soi. 


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Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.