Le maire refuse qu’un Algérien d’une autre commune soit enterré dans le « carré musulman » de sa ville

 Le maire refuse qu’un Algérien d’une autre commune soit enterré dans le « carré musulman » de sa ville

Le maire LR de Perpignan (66) Jean-Marc Pujol.


La famille, qui souhaite garder l'anonymat, est toujours sous le choc. Elle a toujours du mal à comprendre la réaction du maire LR de Perpignan (66) Jean-Marc Pujol qui a refusé que leur père décédé ce mardi 10 octobre à l'âge de 86 ans, soit enterré dans le carré musulman du cimetière de sa ville. 


Un carré musulman est la partie d'un cimetière destinée à accueillir des défunts musulmans.

Les tombes suivent la Qibla, c'est-à-dire qu'elles sont orientées vers la ville de La Mecque, lieu saint des musulmans en Arabie saoudite.


Il existe en France deux cimetières musulmans: celui de Bobigny (93) et celui de Strasbourg. Il y a par ailleurs 70 carrés musulmans dans l'hexagone qui sont inclus dans les cimetières communaux, comme c'est le cas à Perpignan.


"Le maire s'est opposé juste parce que mon oncle résidait à Thuir et non à Perpignan", s'indigne le neveu du défunt.


A Thuir, petite ville de 7000 habitants des Pyrénées orientales, située à une dizaine de kilomètres de Perpignan, il n'y a, malheureusement pour la famille du défunt, pas de carré musulman dans le cimetière communal. 


"Sinon, on l'aurait enterré ici dans notre ville. Mon oncle est arrivé très jeune en France et il voulait reposer auprès des siens. La grande majorité de sa famille habite à Thuir", continue le neveu. 


Le maire de Perpignan déclare de son côté que faute de place, le carré musulman du cimetière communal est réservé en priorité aux habitants de sa ville et a demandé à la famille du défunt de se rapprocher de la préfecture, la seule "autorisée à déroger à cette règle". Jointe, la préfecture assure qu'elle n'est pas compétente en la matière.



Ce vendredi après-midi, l'Algérien a été enterré à Thuir dans le cimetière de la ville. "En plus dêtre triste, on se sent humilié. Mon oncle a travaillé toute sa vie pour ce pays et on lui refuse d'être enterré dignement", conclut amer son neveu.


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.