5ème semaine de la grève de la faim des prisonniers palestiniens : le silence de la France

 5ème semaine de la grève de la faim des prisonniers palestiniens : le silence de la France

Des milliers de Palestiniens ont manifesté le 17 avril 2017


Cinq semaines. Cinq longues semaines durant lesquelles 1800 prisonniers politiques palestiniens, ne s'alimentent plus. Sous l’impulsion du "Mandela palestinien", Marwan Barghouti, ils ont décidé depuis le 17 avril de suivre une grève de la faim. 


Cinq longues semaines où les autorités françaises sont restées silencieuses, malgré la gravité de la situation, la santé de quelques prisonniers est jugée "très préoccupante" par plusieurs associations de défense des droits de l'homme.


Un silence que le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens juge inadmissible. "Il n’est ni tolérable humainement, ni acceptable politiquement, que notre gouvernement reste muet devant ce drame qui se noue à la face du monde", écrit-il dans un communiqué rendu public en début de semaine.


"Alors que les prisonniers demandent la fin des tortures et mauvais traitements, l’amélioration des droits de visite, l’accès aux soins, l’abandon de la détention administrative, l’accès à des livres, le gouvernement d’occupation israélien leur répond par des mises à l’isolement, le pillage des cellules, des menaces de les nourrir par force, ce qui est formellement interdit par le droit international", dénonce le collectif français, qui demande au nouveau président élu Emmanuel Macron,  d'intervenir  de toute urgence auprès du gouvernement israélien "pour obtenir que les revendications des prisonniers palestiniens qui ne sont rien d’autres que le droit des prisonniers reconnus internationalement, soient pris en compte".


Peu de chances que cet appel à l'aide soit entendu. Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence française, s'est plutôt montré timide à dénoncer la brutalité de la politique israélienne. Il a, par ailleurs, déclaré à plusieurs reprises qu'il était hostile à la reconnaissance unilatérale de la Palestine par la France. "Le faire dans ce contexte, c’est faire le choix d’un camp. Et c’est complètement se couper de l’autre", avait-il souligné il y a quelques semaines à nos confrères de Mediapart.


On le voit donc mal soutenir une grève de la faim que le gouvernement israélien, par la voix de son ministre, celui de la Sécurité publique, Gilad Erdan juge "contraire au règlement de la prison". "Il s'agit de terroristes et d'assassins enfermés qui reçoivent ce qu'ils méritent et nous n'avons pas de raisons de négocier avec eux", a ajouté M. Erdan.


Le silence de la France n'empêche pas d'autres citoyens français de se mobiliser en faveur des prisonniers palestiniens. A l'initiative de nombreuses associations de défense de droits de l'homme, un rassemblement est prévu à cet effet ce jeudi 18 mai à 17h30 à Paris devant le ministère des Affaires Étrangères (Métro Invalides). 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.