« Je ne m’attendais pas à être nommé à ce poste », Karim Bouamrane, nouveau porte-parole du PS

 « Je ne m’attendais pas à être nommé à ce poste », Karim Bouamrane, nouveau porte-parole du PS

Karim Bouamrane porte-parole du parti socialiste depuis le 17 décembre 2016. Crédit photo : Mathieu Delmestre


Karim Bouamrane a 43 ans. Il est secrétaire national chargé de l'innovation économique au PS depuis un an et demi. Il y a quatre jours, le 17 décembre, il a été nommé porte-parole du parti socialiste. C'est la première fois qu'il s'exprime depuis sa prise de fonction.


Cette nomination vous a-t-elle surpris ?


Oui. Je ne m'attendais pas à être nommé pour ce poste. Suite au remaniement ministériel de décembre, Olivier Faure a été élu président du groupe PS à l'Assemblée nationale. Il ne pouvait donc plus être porte-parole de notre parti. Le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis a proposé ma candidature au conseil national qui l'a approuvée le 17 décembre dernier. 


Quel va être votre rôle pendant "la primaire de gauche" ?


Faire en sorte qu'elle soit un succès. Tout mettre en œuvre pour qu'il y ait un maximum de votants  afin que le candidat choisi mette la gauche dans une dynamique de victoire. Nous devons nous battre pour que les Français n'aient pas à devoir choisir au second tour de l'élection présidentielle entre François Fillon et Marine Le Pen. 


Même si Manuel Valls, qui a passé son temps à essayer de diviser le parti socialiste, l'emporte ?


Oui. Que ce soit Manuel Valls ou un autre, la règle est la même pour tous : celui qui arrive en tête à la primaire devra premièrement rassembler son camp, puis la gauche. Et enfin, tous les autres candidats devront soutenir le vainqueur. 


Vu la situation actuelle au sein du Parti socialiste, votre poste n'est-il pas un cadeau empoisonné ?


Non, au contraire. C'est même un honneur et une grosse responsabilité. C'est aussi en toute humilité une suite logique à mon parcours. J'ai été élu local dans ma ville à Saint-Ouen (en Seine-Saint-Denis, NDLR) pendant plus de vingt ans et j'ai exercé toutes les responsabilités au sein de mon parti. Je sais que ce n'est pas tendance de dire ça en ce moment mais oui, j'aime mon parti et oui je suis fier de le représenter. J'ajouterai que c'est pendant les périodes difficiles qu'on doit tous se retrousser les manches, afin de tout faire pour rassembler le plus grand nombre autour de nos valeurs d'égalité et de fraternité. 


Quel sera votre rôle après les primaires ?


Je comprends votre insinuation, mais je vous rassure, ce n'est pas un poste temporaire créé juste pour les primaires. Je serai bien là pour préparer les élections présidentielles, et ne l'oublions pas, les élections législatives qui suivront juste après. Vaste chantier ! 


Propos recueillis par Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.