Le député François Asensi interpelle le gouvernement à propos du cas Lefort Hamouri

 Le député François Asensi interpelle le gouvernement à propos du cas Lefort Hamouri

François Asensi


 


Il est le seul à avoir eu le courage de poser une question au gouvernement au sujet du cas Elsa Lefort Hamouri. François Asensi, député Front de gauche de la 11e circonscription de la Seine-Saint-Denis, s’est présenté devant les députés ce jeudi 10 février vers 15H30.


 


« Dans un silence assourdissant, notre compatriote Elsa Lefort a été refoulée du territoire israélien il y a un mois. Mariée à un Franco-palestinien, elle vit à Jérusalem, ville sous occupation israélienne. Employée au consulat de France, Elsa Lefort disposait pourtant d’un visa de service officiel délivré par les autorités israéliennes elles-mêmes, valable jusqu’en octobre 2016. Accusée de « dangerosité » sans le moindre fondement, elle a été jetée en prison pendant deux jours, avant d’être expulsée. Au-delà de ce cas personnel, c’est la France qui est atteinte par ce camouflet au consul général de France », a exprimé le député Front de Gauche.


« Aujourd’hui, il y a urgence à réagir face à cet arbitraire. Enceinte de 8 mois, Elsa ne pourra plus prendre l’avion après le 14 février. Ce qui se joue ici n’est évidemment pas une question de sécurité intérieure. En refusant à Elsa Lefort le droit d’entrer à Jérusalem et d’y mettre au monde son enfant, l’objectif n’est-il pas plutôt de lui refuser le statut de jérusalémite ? », a questionné François Asensi.


« Sans ce statut, cet enfant sera empêché, comme sa mère, de venir ou de vivre à Jérusalem. Pourtant, le droit d’élever ses enfants dans la ville de son choix est un droit inaliénable inclus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ce droit s’impose aussi à l’état d’Israël. Empêcher leur enfant de naître à Jérusalem est une manière inacceptable de les contraindre à quitter cette ville annexée », a dénoncé le député Front de gauche.


« Monsieur le ministre, où en sommes-nous des actions menées par la France, pour permettre à Elsa Lefort et à son mari Salah Hamouri de vivre en famille à Jérusalem ? », a interrogé le député.


Laurent Fabius qui a annoncé qu’il démissionnait aujourd’hui, était présent à l’Assemblée nationale. Il a préféré pourtant laisser Harlem Désir, le secrétaire d'État chargé des affaires européennes au sein du gouvernement, répondre à François Asensi.


« Monsieur le député, vous avez appelé mon attention sur le refus des autorités israéliennes d’octroyer à madame Elsa Lefort un visa « épouse » à la suite de son mariage avec monsieur Salah Hamouri, binational franco-palestinien. Je déplore ce refus de la part des autorités israéliennes. Un visa de service permettant à Mme Lefort de circuler librement lui avait été accordé, grâce à l’action de notre consulat général à Jérusalem. Ce visa de service n’a pas permis à Mme Lefort de se voir accorder l’entrée en Israël le 5 janvier dernier. Informé de ce refus d’entrée en Israël, notre consulat général à Jérusalem et notre ambassade à Tel Aviv se sont mobilisés pour apporter leur appui à Mme Lefort en prenant l’attache des autorités israéliennes. Mme Lefort a été reçue par mon cabinet le 21 janvier dernier. Mes collaborateurs avaient également pris l’attache de l’ambassade d’Israël en France pour demander aux autorités israéliennes de revenir sur leur décision. Soyez assuré que nous suivons avec la plus grande attention l’évolution de la situation de Mme Lefort, ainsi que celle de son époux et que nous restons mobilisés pour leur apporter l’aide à laquelle ils ont droit ».


Le même discours que tiennent les autorités françaises depuis le début de cette affaire. Pour le moment, ils ont eu aucun effet …


 


Nadir Dendoune


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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.