Sondage du JDD : Pour Rachid, « il est dirigé directement contre les musulmans »

 Sondage du JDD : Pour Rachid, « il est dirigé directement contre les musulmans »


La Fondation du judaïsme de France est inquiète. On peut la comprendre avec la montée des agressions "antisémites" et du sentiment anti-juif. On dira jamais le contraire. Là où nous avons eu du mal, et apparemment nous ne sommes pas les seuls, c'est la manière dont la fondation a décidé de réagir. Elle a demandé à l'Ipsos, le plus gros organisme de sondage de l'hexagone, de mener une enquête. Pendant dix-huit mois, les sondeurs sont partis à la rencontre des membres de la communauté juive de France. Les résultats de ce sondage ont été publiés aujourd'hui dans les colonnes du Journal du dimanche (JDD), qui ne semble pas trouver contraire à leur déontologie de publier des statistiques ethniques aussi téléguidées que celles-là. Les questions des sondeurs sont édifiantes… Nous sommes donc allés demander à des internautes ce qu'ils en pensaient.


 


Samira, est scandalisée par un tel sondage. "On essaie encore une fois de cibler une certaine catégorie de la population". Avant de s'interroger : "Comment je sais moi qui est musulman ou catholique? Quand je me fais emmerder, je ne sais pas de quelle religion est la personne. C'est absolument délirant".


Samira encore : "Par exemple, si j'étais l'agresseur, je pourrai avec mon physique puisqu'il n'est ici question que d'apparence, être de confession juive, musulmane ou encore catholique ou athée. On me prend souvent pour une fille de l'est je pourrais être rom, pourquoi pas ?", pointe Samira.


"Je pense que la fuite en avant dans la connerie doit être stoppée par toutes les bonnes volontés", raille de son côté Hager. "On chauffe à blanc l'opinion pour détourner des vrais sujets. Comme d'habitude…" continue-t-elle encore dépitée. "Il s'agit ici de faire du buzz à tout prix, surfer sur la vague pour générer du clic, sans se soucier de sa responsabilité de cliver et fracturer davantage la société. Certains journalistes devraient être "déchus" de leur carte de presse", conclut Hajer.


Rachid, un Français qui vit désormais au Maroc n'est pas très surpris: "C'est un sondage dirigé directement contre les musulmans. Le resultat souhaité est déjà dans la question. Il n'a pour but que de valider leurs thèses. Ce n'est donc pas un sondage. Pas plus de commentaires à faire".


Leila pointe un détail important: "les sondeurs sont surtout des incultes de première classe! Un africain musulman, tu le compte 2 fois?!" Malek : "Ça devient épuisant. Que veulent – ils au juste ? La guerre ? Ce sondage va encore plus nous éloigner des uns, des autres. Les juifs sont nos frères. On a toujours vécu en paix. J'espère que des deux côtés, on ne n'oubliera pas. J'espère juste que celles et ceux qui veulent nous diviser, finiront par se taire".


De son côté, la fondation du judaïsme s'est justifiée en déclarant que "cette enquête n'est ni une accusation, ni généraliste". "Elle est une mesure des maux qui nous rongent en tant que Français", a-t-elle encore déclaré. "Elle est destinée à tous ceux qui veulent combattre les préjugés. Nous voulons lancer un cri d'alarme et appeler à un sursaut".



Encore une fois, drôle manière de faire…


 


 


Nadir Dendoune

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.