Les Chibanis du 73 rue du Faubourg Saint-Antoine gagnent leur procès

 Les Chibanis du 73 rue du Faubourg Saint-Antoine gagnent leur procès

Saïd Allouche et Layachi Ait-Baaziz (D) posant dans leur ancienne chambre de l’hôtel meublé parisien


 


C’est une ancienne histoire que nous vous avions relatée dans les colonnes du Courrier de l’Atlas. Une affaire qui avait ému la France entière, celle de ces Chibanis, expulsés de leur hôtel meublé parisien, rue du Faubourg Saint-Antoine, en février 2015. Après avoir été tous relogés à Paris, ils viennent d’obtenir de la justice 11 000 € chacun de dommages et intérêts.


 


Un jugement rendu fin décembre 2015 et qui condamne la logeuse à verser à chacun de ces retraités 6000 €, au titre du préjudice pour troubles de jouissance et 5000 € au titre du préjudice moral.


« Cette victoire ne veut pas dire qu’ils vont toucher leurs 11 000 € », minimise Jean-Baptiste Eyraud, militant du DAL. L’ancienne gérante ne répond plus aux convocations. Ni elle donc, ni son avocat n’étaient présents à l’audience. « Nous ne savons pas si elle est solvable. Elle a pu aussi organiser son insolvabilité. Et puis, elle peut faire appel du jugement », continue Jean-Baptiste Eyraud.


Pour Layachi, un des chibanis, cette condamnation a une saveur particulière. « Même si on ne touche rien au final, on sait que la justice nous a donné raison et c’est le plus important ». « On pensait pas qu’elle serait condamnée », embraie ce dernier qui a été relogé pas très loin de la Bibliothèque nationale de France.


En juillet 2014, une trentaine de chibanis, principalement des Algériens, avaient appris qu’ils allaient être expulsés. Certains vivaient à deux et depuis près de 40 ans, dans des petites chambres meublées insalubres d’à peine 10m2, sans douche et sans wc. Alors que la gérante pensait qu’ils allaient partir sans faire de vagues, nos valeureux Chibanis s’étaient battus comme des lions et avaient obligé la mairie de Paris à les reloger décemment. Et tous l’ont été !


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.