Première à domicile pour la Palestine

 Première à domicile pour la Palestine

Match de qualification au Mondial 2018


 


Nous sommes beaucoup à rêver de voir un jour la Palestine jouer à la Coupe du monde. Et comme le niveau de l'équipe s'améliore chaque année, la Palestine occupe désormais la 118ème place au classement FIFA (85ème en juillet dernier), l'espoir est donc permis. 


 


On rappelle aussi qu'elle a remporté pour la première fois la dernière Challenge Cup asiatique. En route pour la Coupe du monde 2018 qui se disputera en Russie, l'équipe de Palestine a disputé, ce mardi 8 septembre, son premier match qualificatif pour un mondial à domicile, une rencontre face aux Emirats arabes unis qui s'est soldée par un match nul (0-0).


Les Palestiniens avaient dû renoncer en juin dernier à accueillir l'Arabie saoudite pour un match qualificatif pour le Mondial 2018 qui devait constituer la toute première venue de la sélection saoudienne en Cisjordanie occupée. Organiser des rencontres sportives alors que les Palestiniens vivent sous occupation militaire depuis 1967 n'est pas chose facile.


Pour se qualifier pour le Mondial 2018, la Palestine devra s'imposer face à l'Arabie saoudite, la Malaisie et le Timor oriental. A l'aller l'Arabie saoudite l'avait emporté de justesse (3-2), le match retour doit se tenir en octobre dans les Territoires occupés.


Les Palestiniens avaient remporté sans problème leur match contre la Malaisie, à l'extérieur, avec un score sans appel : 6-0. Le match de mardi contre les Emirats arabes unis, s'est déroulé sous les yeux admiratifs de 14 000 spectateurs.


Depuis les gradins du stade Fayçal al-Husseini situé à Al Ram, à deux pas de Ramallah, Hossam al-Khatib, venu de Naplouse au nord de la Cisjordanie occupée, parle d'une « énorme joie ». « Malgré les conditions difficiles, malgré l'occupation et la pression sous laquelle vit le peuple palestinien, c'est une énorme joie de voir l'équipe nationale en arriver là », a-t-il lancé, enthousiaste, à l'AFP.


Hanine Chatara, elle, est venue de Ramallah, la ville voisine à quelques kilomètres de là, et pourtant, elle a dû laisser sa voiture au check-point installé par les Israéliens pour filtrer les entrées vers et depuis Jérusalem. « On a fait la fin du chemin à pied ». Mais rien n'aurait pu l'empêcher de venir supporter son équipe à qui elle a souhaité « d'être toujours aux meilleures places et de s'imposer dans les compétitions mondiales ».


Pour Jibril Rajoub, patron du foot palestinien, qui a récemment multiplié les coups d'éclats à la FIFA pour mobiliser autour de la cause palestinienne, ce match à domicile c'est la preuve que « la Palestine existe et que les Palestiniens ont le droit de vivre dans leur propre Etat indépendant ».


 


Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.