Vers une annulation de Tel Aviv Sur Seine ?

 Vers une annulation de Tel Aviv Sur Seine ?


 


Depuis l'annonce de la venue, le 13 août, de "Tel Aviv Sur Seine" (La ville israélienne est à l'honneur de Paris Plage cette année), c'est un déferlement de propos de toutes sortes qui inonde les réseaux sociaux. 


 


 


Des pages Facebook ont été créées pour réclamer l’annulation de l’évènement. Mais c’est sur Twitter que les gens se déchaînent le plus. Il y a d'abord les traits d'humour. « Les enfants ne courez pas trop vite sur la plage », raille en moins de 140 signes Matthieu Longatte l’auteur de « Bonjour Tristesse », en référence au meurtre de quatre jeunes enfants de Gaza qui jouaient au bord de la mer et bombardés par l'armée israélienne lors de la dernière offensive en été 2014.


Mohamed Lee : « J'aimerais connaître les prévisions météo pour Tel Aviv Sur Seine, le temps sera-t-il Mossad », plaisante le jeune homme. Ou encore : « Y a-t-il un check-point à l'entrée de Tel Aviv Sur Seine pour les arabo-musulmans », interroge Paul Draszen.


D’autres ont choisi des propos plus directs et plus crus, plus politiques, comme Pepsi Copate : « Suis favorable à Tel Aviv Sur Seine mais faudrait auparavant repeindre le sable en rouge. La couleur du sang innocent déversé l’été dernier ».


Ou encore Moonbe qui s’interroge: « Un bébé palestinien brûlé vif par des colons israéliens et des milliers d’autres souffrent à Gaza et Anne Hidalgo propose Tel Aviv-Sur-Seine ? ».Beaucoup trouvent surtout l’idée regrettable. C’est en mai dernier, lors du voyage en Israël du maire de Paris Anne Hidalgo que l’affaire a été scellée. Warren : « Dans un contexte politique aussi tendu, je ne vois pas l’intérêt de promouvoir un évènement comme Tel Aviv Sur Seine », lâche ce jeune homme. 


Comme lui, certains, sous couvert d’anonymat travaillant à la mairie de Paris, trouvent que l’idée de mettre en avant Tel Aviv n’était pas « forcément la meilleure chose à faire ». « On n’a pas voulu m’écouter. On pensait que ça passerait, surtout en plein mois d’août où les gens sont partis », raconte un cadre. « C’était couru d’avance que ça dégénère ».


Selon nos informations, une réunion est prévue entre la mairie de Paris et la préfecture de police dans les prochains jours, pour discuter sécurité.  Depuis deux jours, des menaces ont été proférées. Elles sont prises très au sérieux par les autorités. Un élu parisien espère même qu'Anne Hidalgo annulera l'événement.


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.