Cour pénale Internationale : les Palestiniens soumettent un premier dossier contre les Israéliens

 Cour pénale Internationale : les Palestiniens soumettent un premier dossier contre les Israéliens

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne


 


Ils avaient promis qu'ils le feraient : ils ont tenu parole. Les Palestiniens ont soumis ce jeudi 25 juin un premier dossier de documents à la Cour pénale internationale (CPI) en vue de la convaincre d'ouvrir une enquête sur d'éventuels crimes de guerre israéliens.


 


L'Etat de Palestine a promis de coopérer avec la Cour, notamment en lui fournissant des informations pertinentes, et c'est ce qu'elle fait aujourd'hui, a déclaré le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al-Malki, aux journalistes devant le bâtiment de la CPI, à La Haye. Les informations fournies par l'Etat de Palestine ne peuvent que mener à l'ouverture d'une enquête dans les plus brefs délais, a assuré le ministre.


La procureure Fatou Bensouda avait ouvert, en janvier, un examen préliminaire afin de déterminer si elle disposait d'assez d'éléments pour ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés dans la bande de Gaza à l'été 2014.


Le dossier déposé jeudi porte sur deux affaires. La première concerne des crimes présumés commis à Gaza lors du conflit, qui a tué 2200 Palestiniens, des civils pour la plupart, et 73 Israéliens, principalement des soldats. La deuxième porte sur la colonisation israélienne de la Cisjordanie occupée. Obtenir justice est essentiel pour les victimes palestiniennes, mortes ou vivantes, a affirmé M. El-Malki : la Palestine a choisi de chercher à obtenir justice et non la vengeance.


Le porte-parole du ministre israélien des Affaires étrangères a de son côté accusé les Palestiniens d'essayer de manipuler la CPI: nous espérons que le procureur ne tombera pas dans le piège, a déclaré Emmanuel Nahshon dans un communiqué.


Le dépôt des documents s'inscrit dans le contexte de la confrontation diplomatique et judiciaire que les Palestiniens, exaspérés d'attendre la fin de l'occupation et l'Etat indépendant auquel ils aspirent, ont engagée devant les institutions internationales.


Les Palestiniens sont membres de la CPI depuis le 1er avril. L'examen préliminaire avait été ouvert en janvier après que l'Autorité palestinienne eut autorisé la CPI à enquêter sur des crimes présumés commis dans les territoires palestiniens depuis le 13 juin 2014.


L'examen concerne aussi bien les agissements palestiniens que ceux d'Israël, qui n'est pour sa part pas membre de la CPI et conteste les démarches en cours devant cette Cour. Un des évènements les plus controversés de la guerre à Gaza est le bombardement par Israël d'écoles de l'ONU utilisées comme refuge par les déplacés. Israël affirme que le Hamas utilisait ces écoles pour stocker des armes ou tirer des missiles.


Créée en 2002, la CPI a pour vocation de poursuivre les plus hauts responsables de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.


 


Nadir Dendoune 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.