Pour la banque mondiale, Gaza fait face à une dangereuse crise financière

 Pour la banque mondiale, Gaza fait face à une dangereuse crise financière

Bande de Gaza. Des enfants inspectant les décombres d’immeubles à la suite de bombardements israéliens sur la bande Gaza survenus en août 2014. AFP / PHOTO


 


Le rapport est accablant mais il est sans surprise. Ce vendredi 22 mai, la Banque mondiale exhorte les Palestiniens, Israéliens et donateurs internationaux à agir d'urgence pour éviter une "dangereuse crise financière dans la bande de Gaza, qui connaît probablement le plus fort taux de chômage du monde".


 


Ce document, qui sera présenté mercredi 27 mai à Bruxelles, a été rédigé en vue d’une réunion du comité de liaison ad hoc (ou Ad Hoc Liaison Committee – AHLC) chargé de coordonner l’aide internationale à l’enclave, près d’un an après l’agression israélienne contre le Hamas, au cours de laquelle quelque 2 200 Palestiniens avaient été tués. 


 


En cause le blocus 


Selon la Banque, la disparition virtuelle des exportations de Gaza ne peut s’expliquer que par « la guerre et le blocus » imposés par Israël à ce territoire palestinien depuis 2007. L’impact de ce blocus, auquel l’Egypte participe de fait, est jugé « dévastateur » pour l’économie du territoire, entraînant une chute de plus de 50 % de son PIB.



Le rapport presse l’Autorité palestinienne, Israël et les donateurs internationaux d’« agir » et de « mettre en place des réformes » pour « renverser le récent et inquiétant ralentissement de la croissance économique » et « éviter que l’enclave ne connaisse une dangereuse crise financière ».



La Banque mondiale souligne que le chômage dans la bande de Gaza a augmenté en 2014 « pour atteindre 44 % — le taux probablement le plus élevé au monde ». Elle ajoute que 39 % de la population de l’enclave vit sous le seuil de pauvreté, bien que quatre habitants sur cinq reçoivent une aide.


 


Les fonds seuls sont insuffisants


Le rapport estime qu’un « gouvernement palestinien unifié pour la Cisjordanie et dans la bande de Gaza » est nécessaire pour reconstruire l’économie du territoire. Il souhaite également une levée du blocus pour permettre une circulation des biens nécessaire à une reprise.



Près de 1 milliard de dollars sur les 3,5 milliards promis par la communauté internationale pour Gaza, soit 27,5 %, ont été alloués, ajoute le document, mais le manque de fonds internationaux pèse moins sur la reprise économique que « la limitation des importations de matériaux de construction ».



Israël surveille étroitement toute entrée de matériels de construction dans le territoire contrôlé par le Hamas, bloque une grande majorité de produits, prétextant le risque de détournements pour fabriquer des armes ou pour construire des tunnels servant à des attaques en territoire israélien. Israël contrôle deux des trois points de passage terrestres avec la bande de Gaza. Le troisième, Rafah, sur la frontière avec l’Egypte, voit son accès sévèrement limité par les autorités égyptiennes. Une prison à ciel ouvert pour les 1 million 700 000 Gazaouis, qui se retrouvent enfermés dans un territoire grand comme Paris et la Seine Saint Denis….


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.