Primark accusé de pratiques discriminatoires envers des femmes voilées

 Primark accusé de pratiques discriminatoires envers des femmes voilées

Capture d’écran d’une conversation à charge contre Primark.


 


La grogne ne cesse d’enfler. Selon plusieurs clients qui se sont plaints auprès du CCIF (Collectif Contre l’Islamphobie), Primark, le magasin de vêtements britannique low-cost, installé en France depuis 2013, et qui connaît un franc succès dans notre pays, pratiquerait une politique discriminatoire envers les femmes voilées.


 


« Deux salariées de Primark, situé à Villeneuve la Garenne (92390), identifiées comme portant le voile à l’extérieur de l’établissement, subissent un traitement différencié et sont harcelées par leur direction, confirment les responsables du CCIF. On exige d’elles qu’elles retirent leur foulard avant de rentrer dans le magasin, alors même qu’elles ne sont pas en fonction. Elles ne peuvent également pas se changer aux vestiaires comme leurs collègues ». « Le Primark situé à Créteil, cette fois-ci, fouille de manière régulière ses clientes portant le voile. D’après Primark, de toutes les clientes, les femmes voilées développeraient un syndrome de cleptomanie », continuent-ils.




Ces faits dénoncés par le CCIF seraient réels si on en juge la réponse de Primark sur sa page Facebook. Pris à partie par un internaute, l’enseigne low-cost répond du tac au tac : « C’est arrivé plusieurs fois qu’il y a eu des vols avec des femmes voilées pris au hasard (…). Donc, c’est normal qu’ils fouillent ».


 


           Interdiction de port de signes religieux


 


Du côté de Primark, dont le siège social est situé en Angleterre, impossible d'avoir un responsable au téléphone. La seule réponse obtenue est un mail envoyé par une entreprise française qui gère sa communication dans l'hexagone : « Les accusations dont Primark fait l’objet relatives à de la discrimination ou une différence de traitement entre ses employés ou ses clients sont fausses et sans fondement. Conformément à ses valeurs, Primark accueille toutes les personnes, clients et employés, sans distinction ou discrimination dans l’ensemble de ses magasins à travers le monde. En tant qu’entreprise et qu’employeur, Primark respecte la législation locale de chaque pays où il est présent. En France, Primark respecte la loi française ».




Primark oublie juste de préciser que l’article 3.5.6 de son règlement intérieur stipule l’interdiction pure et simple de port de signes religieux, ce qui est illégal au regard du droit français. Les salariés travaillant pour un employeur de droit privé qui ne gère pas une mission de service public ne sont pas tenus d’une obligation de discrétion, de neutralité religieuse.




« Malgré nos courriers envoyés à l’inspection du travail, à la maison mère de Primark au Royaume-Uni, et à la présidente de Primark France. Rien n’a été fait. Nous n’avons reçu qu’une réponse de l’inspection du travail, constatant le caractère purement discriminatoire de Primark France, sans toutefois aboutir à des actions concrètes », conclut dépité le CCIF.


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.