Cheb Khaled condamné pour plagiat pour « Didi »

 Cheb Khaled condamné pour plagiat pour « Didi »

Le chanteur de raï Cheb Khaled a été condamné mardi 7 avril par le tribunal de grande instance de Paris pour plagiat pour la chanson « Didi ». FETHI BELAID / AFP


 


Le chanteur de raï a été condamné mardi 7 avril par le tribunal de grande instance de Paris pour plagiat pour la chanson "Didi", qui lui avait apporté un succès international.


 


Les juges lui reprochent de s'être trop inspiré de la musique d'un auteur algérien, Cheb Rabah. "C'est un succès qui reposait sur un mensonge", a rappelé, satisfait, Maître Jean-Marie Guilloux, avocat de Cheb Rabah."En 1987, mon client avait enregistré sur une cassette la chanson. On a réussi devant la barre à prouver l'antériorité", continue Maitre Guilloux. "Si il a entendu tout ce temps, c'est parce qu'il n'avait pas les moyens d'intenter un procès à la star algérienne".



Le tribunal a notamment condamné Cheb Khaled, 55 ans, à restituer à Cheb Rabah les droits d'auteurs perçus pour la composition musicale de l'œuvre "Didi", commercialisée à partir de 1991, au titre de son exploitation dans le monde, mais pour une période postérieure à juin 2003 en raison d'une prescription partielle.




Le chanteur a également été condamné à payer à Cheb Rabah une somme de 100.000 euros, en réparation de son préjudice moral, et une somme de 100.000 euros, en réparation des atteintes à son droit moral d'auteur. Le tribunal a en effet considéré que Rabah Zeradine, dit Cheb Rabah, compositeur, auteur et interprète de raï, avait perdu une chance de gagner en notoriété importante du fait du succès de la chanson.




Le tribunal a enfin ordonné à la SACEM (société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) "de modifier toute sa documentation" concernant la chanson Didi pour faire désormais bénéficier Cheb Rabah d'une part des droits de reproduction mécanique et d'exécution publique "en tant que seul compositeur" de l'œuvre. L'avocate de Cheb Khaled, Maître Laurence Goldgrab, a annoncé son intention de faire appel du jugement.


 


Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.