Un rassemblement à Paris pour dire Stop au génocide des Ouïghours

 Un rassemblement à Paris pour dire Stop au génocide des Ouïghours

Torya Akroum, une des porte-paroles du Collectif contre l’islamophobie, qui organise samedi 25 juillet 2020, un rassemblement près de l’ambassade de Chine à Paris.

A l’initiative du Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie, un rassemblement est organisé ce samedi 25 juillet à 13h, à proximité de l’ambassade de Chine, Place André Tardieu à Paris. Un rassemblement pour dire Stop au génocide des Ouïghours.      

Torya Akroum est l’une des porte-paroles du collectif.

Pourquoi avoir décidé d’organiser un tel rassemblement ? 

La situation sur place s’empire. Dans la région de Xinjiang en Chine, 3 millions de Ouïghours sont enfermés dans des camps dits de « rééducation » juste parce qu’ils sont musulmans.

Dans ces camps, les Ouïghours subissent tortures, viols, stérilisation, prélèvements d’organes, lavage de cerveau pour supprimer l’Islam de leur croyances.

Avec ce rassemblement, nous voulons aussi dénoncer le silence de la communauté internationale. Pour des raisons économiques, l’immense majorité des pays s’accommode de ce génocide.

Les prisonniers ouïghours sont également exploités par des entreprises chinoises qui fournissent des grandes marques internationales, elles sont 83 au total, comme Nike, Zara, H&M, Microsoft, Volkswagen, Apple, Google, Amazon…

>> Lire aussi : Répression des Ouïghours : les Etats-Unis sanctionnent 11 entreprises chinoises

Selon vous, pourquoi le gouvernement chinois agit de la sorte ?

Depuis une série d’attentats attribués à des membres de l’ethnie des Ouïghours, le gouvernement chinois impose des mesures de sécurité dans la région de Xinjiang.

Les autorités chinoises ont construit des camps qui ont pour but officiellement d’éradiquer le terrorisme.

En réalité, ils permettent à la Chine d’effectuer un nettoyage ethnique pour se débarrasser de la population Ouïghoure.

Vous êtes également inquiète de ce qu’il se passe en France…

Effectivement. Le gouvernement français va présenter à la rentrée un projet de loi contre les « séparatismes » pour « éviter que certains groupes ne se referment autour d’appartenances ethniques ou religieuses », et afin de lutter contre « l’islam radical ».

Cela nous paraît très flou et inquiétant. Vont-ils ficher les musulmans de ce pays ? Et sur quels critères et surtout qui va définir les critères de radicalisation?

Je ne compare pas la situation des musulmans en France avec celle en Chine. Mais après la commission sénatoriale sur la radicalisation, nous avons de quoi être inquiets.

>> Lire aussi : Ouighours : Des fuites révèlent les dessous du programme d’internement massif

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.