Algérie. Lakhdar Bouregaâ, héros de l’indépendance et figure du Hirak, est mort

 Algérie. Lakhdar Bouregaâ, héros de l’indépendance et figure du Hirak, est mort

Lakhdar Bouregaâ, le 2 janvier 2020, à Alger. RYAD KRAMDI / AFP

Lakhdar Bouregaâ, héros de la guerre d’indépendance et figure du Hirak, est mort ce mercredi 4 novembre à l’âge de 87 ans. Une bien triste nouvelle pour l’Algérie.
C’est son fils qui l’a annoncé sur sa page Facebook. « Lakhdar Bouregaâ est sous la protection d’Allah », a écrit son fils Hani Bouregaâ. Sa famille avait annoncé, le 21 octobre, qu’il était atteint du Covid-19. Sa femme a également été hospitalisée.
Son implication dans le Hirak, mouvement de contestation du système algérien lancé en février 2019, lui avait valu une détention préventive. Emprisonné à plusieurs reprises en Algérie tout au long de sa vie pour ses idées, il est mort en homme libre.
Haut responsable militaire de l’Armée de libération nationale (ALN), le commandant Bouregaâ avait été le chef de la zone 2 de la wilaya IV, couvrant l’Algérois (nord), pendant le sanglant conflit contre la puissance coloniale française. Après l’indépendance, opposant politique au Front de libération nationale (FLN), parti unique, il avait été torturé et emprisonné de 1967 à 1975 sous la présidence de Houari Boumediene.
Lakhdar Bouregaâ fut l’un des membres fondateurs du Front des forces socialistes (FFS), le plus ancien parti d’opposition d’Algérie, en 1963.
Il avait été à nouveau jeté en prison du 30 juin 2019 au 2 janvier dernier, après avoir participé au Hirak. M. Bouregaâ avait été alors inculpé d’« outrage à corps constitué » et « de participation à une entreprise de démoralisation de l’armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale ». Son arrestation puis son placement en détention préventive avaient suscité une vive indignation en Algérie, notamment sur les réseaux sociaux. Il participait régulièrement aux marches hebdomadaires du Hirak.
Lakhdar Bouregaâ sera inhumé jeudi dans le carré des martyrs de la révolution algérienne au cimetière d’El Alia, à Alger, le plus grand du pays, où reposent l’émir Abdelkader, héros de la première résistance antifrançaise, les grandes figures de la guerre de libération (1954-1962) et les anciens chefs d’Etat.
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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.