La journaliste Nadiya Lazzouni menacée de mort dans une lettre reçue à son domicile

 La journaliste Nadiya Lazzouni menacée de mort dans une lettre reçue à son domicile

La journaliste Nadiya Lazzouni.

Insultée de « pute islamiste » et cible de menaces de mort dans une lettre reçue à son domicile, la journaliste et productrice Nadiya Lazzouni s’est dite « bouleversée et effrayée ». Elle estime que ces menaces « ne sont pas uniquement dirigées contre elle mais contre l’ensemble de la communauté musulmane de France ».

 

C’est ce jeudi (8 avril), qu’elle a diffusé sur son compte Twitter le contenu de ce courrier nauséabond, tout en interpellant le président de la République et les ministres Gérald Darmanin et Marlène Schiappa, les invitant à « agir ».

Des propos qui font froid dans le dos. « Gardes ton chiffon (NDLR : en référence au foulard quelle porte) nous viserons mieux, petite effrontée. Il se remplira de ta cervelle de merde », disait par exemple le courrier.

Parlant aussi de « balle dans la nuque », de « putes islamistes », le lâche anonyme promet de « visiter les quartiers de non France ».

Nadiya Lazzouni a interpellé sur les réseaux sociaux Gérald Darmanin, Emmanuel Macron et Marlène Schiappa. « À travers mon travail et mes prises de parole publiques, j’ai toujours essayé de diffuser un message d’espoir et d’ignorer ce climat délétère. Est-ce que je peux encore marcher avec des œillères ? Allez-vous agir face à ces menaces de mort ? », a-t-elle demandé.

 

Quelques heures après son appel à l’aide, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur de France, chargée de la Citoyenneté, lui a répondu sur Twitter. « Aucune controverse ne saurait justifier ces injures et menaces qui plus est sexistes et racistes ! Je les condamne fermement. Si vous souhaitez déposer plainte la justice pourra s’en saisir », a proposé Marlène Schiappa.

Nadiya Lazzouni s’était fait connaître du grand public en allant débattre sur les plateaux de télévisions de la proposition de loi visant à interdire le port du hijab aux mères accompagnatrices.

 

En septembre dernier, comme nous vous le relations dans nos colonnes, Nadiya Lazzouni avait été honorée à Caen lorsqu’une plaque de rue en son nom avait été inaugurée. Une première pour une femme voilée.

Une plaque que Nadiya Lazzouni avait tenu à dédier à « toutes les femmes qui meurent tous les 2 jours sous les coups de leurs compagnons, qui subissent le harcèlement de rue, à toutes celles discriminées sur le marché de l’emploi parce qu’elles portent un foulard ».

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.