Mina Idir, membre du conseil national, quitte le parti communiste

 Mina Idir, membre du conseil national, quitte le parti communiste

La secrétaire départementale PCF dans le Vaucluse a annoncé son départ du parti communiste ce 12 avril 2021.

Mina Idir, 45 ans, secrétaire départementale PCF dans le Vaucluse est en colère. Membre du conseil national et animatrice de la commission de lutte contre le racisme et pour l’égalité, la militante a décidé de quitter le parti communiste et démissionne, ainsi, de toutes ses fonctions.

 

Ecœurée, elle a envoyé une lettre au secrétaire national du parti Fabien Roussel pour lui expliquer les raisons de son départ.

« Je suis une femme racisée, une femme issue de l’immigration, peu importe le mot, tu comprendras aisément ce que je veux dire. Et ce fait est important, car cela fait de moi la femme que je suis, et que mes combats pour l’égalité et contre les discriminations est essentiel, il est inscrit en moi. En adhérant au parti communiste, je m’étais fait une promesse, celle de rester cohérente avec moi-même, et d’avoir la liberté de partir quand l’heure viendrait sans me perdre, sans me salir et sans déshonorer mes luttes et engagements, sans oublier d’où je viens », écrit en préambule Mina Idir.

« Que dire de ma colère quand je vois que notre secrétaire national parle comme l’extrême droite et valide leurs propos, les reprend », dénonce avec véhémence Mina Idir.

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La militante communiste reproche à sa direction des déclarations « inacceptables » et fustige certains de ses votes à l’Assemblée nationale, comme les abstentions de plusieurs de ses cadres, en février dernier, lors de la loi contre le séparatisme.

Autre point de désaccord : les réunions non mixtes que Mina Idir soutient. « Etre communiste c’est de comprendre les opprimés, et de les accompagner, sans vouloir être devant à tout prix », rappelle-t-elle.

« Parler de soi, de son vécu permet de le digérer, de le déconstruire et de savoir comment agir et comment construire des luttes contre les discriminations. Parler de soi avec des pairs, c’est parler sans peur d’être jugé, condamné, mal compris, rabaissé. Celles et ceux qui dénoncent ces ateliers non-mixtes ne réalisent pas le déni qu’ils portent aux racisés », commente déçue Mina Idir.

Avant de conclure : « Le syndicalisme s’est construit ainsi, et il a grandi ainsi. Le féminisme s’est construit ainsi, et il a grandi ainsi. Les luttes LGBT se sont construites ainsi, et elles ont grandi ainsi. Les concernés ont pris la parole, se sont auto-organisés. Et au nom de quoi, cela serait-il interdit, condamnable ou dangereux pour les gens racisés comme moi ? Ou bien il y a un danger pour celles et ceux qui ont peur que ces luttes leur échappent ? ».

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.