Une campagne pour une journée internationale de lutte contre le mariage forcé

 Une campagne pour une journée internationale de lutte contre le mariage forcé

Pour Sarah Jamaa directrice de l’association « Voix de Femmes », il ne fait aucun doute. « Si on ne fait rien, en 2030, 120 millions de personnes supplémentaires auront été mariées de force », insiste la militante, également juriste. Son association et le collectif « Les intrépides » ont décidé de lancer une campagne pour inciter l’ONU à voter une journée internationale de lutte contre le mariage forcé.

 

« C’est incroyable qu’il n’y en ait pas encore une », peste la militante. « Comme si il s’agissait d’un problème marginal », lâche décontenancée Sarah Jamaa.

Implantée depuis la fin des années 90 dans le Val-d’Oise (95), « Voix de Femmes » lutte contre ce fléau qui « concerne tous les pays du monde ».

« Faire croire qu’il n’y aurait que dans les pays arabo-musulmans qu’on forcerait les filles à se marier est une aberration », martèle Sarah Jamaa. « C’est encore le cas ici en France », précise-t-elle encore.

Chaque année, à travers le monde, selon les chiffres officiels de l’Unicef, ce sont 12 millions de mineurs qui sont mariés de force.  « En vérité, le chiffre est plus important. Il ne prend pas en compte les majeures et les garçons qui subissent, eux aussi, le mariage forcé ! », souligne Sarah Jamaa.

Selon l’Unicef encore, plus de 700 millions de femmes dans le monde ont été mariées avant leurs 18 ans, dont 250 millions avant leurs 15 ans.

Un mariage forcé, qu’il soit civil, religieux ou coutumier consiste à obliger une personne, fille ou garçon, à en épouser un-e autre contre son gré, c’est-à-dire sans son consentement. Dès lors que ce dernier fait défaut, le mariage est conclu sous la contrainte, autrement dit, il est forcé.

En France, selon l’article 144 du code civil, « le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus ». L’article 146 du code civil précise « qu’il n’y a pas de mariage lorsqu’il n’y a point de consentement ».  

« La notion de consentement est primordiale, son absence ou son obtention sous la contrainte, la violence, le chantage, la peur de décevoir la famille, constitue le caractère forcé d’un mariage », rappelle la directrice de « Voix de Femmes ».

« L’heure est grave et il faut agir de toute urgence », conclut Sarah Jamaa qui invite « toutes les bonnes volontés à les rejoindre ».

 

>> Lire aussi : 

Somalie : Hafsa Ali Osman mariée à 13 ans à un homme qui a payé 100 dollars

« Idir combattait à nos côtés », Sarah Jamaa de l’association « Voix de Femmes »

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.