« Le Monde est à nous », grand vainqueur de la 5e édition du festival Hallnaywood

 « Le Monde est à nous », grand vainqueur de la 5e édition du festival Hallnaywood

L’équipe du film « Le Monde est à nous » remporte deux prix, celui du jury et celui du public. Photo : DR

Comme pour les années précédentes, c’est au théâtre-cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois (93), que le festival de court-métrage « Hallnaywood » a eu lieu ce samedi 4 septembre. Malgré la mise en place du pass sanitaire, le public a répondu présent. Cette cinquième édition organisée par l’association Keep Smile a de nouveau fait un carton.

 

Le grand gagnant de ce festival est le film « Le monde est à nous », de Abraham Toure et Mohamed Hamdaoui qui repartent avec deux récompenses : le prix du meilleur film et celui du public.

« Ce merveilleux film a fait l’unanimité chez le jury. On a beaucoup aimé l’histoire et surtout comment elle a été racontée », s’est confiée Aurélie Cardin, la présidente, à l’issue du palmarès.

« Le monde est à nous », court métrage en noir et blanc, hymne à « La Haine » de Mathieu Kassovitch, dénote par son originalité. Tourné à La Courneuve, il raconte d’abord une histoire d’amour impossible entre un garçon et une fille, issus de deux quartiers rivaux.

Au lieu des fatigants « wesh wesh habituels », les acteurs, y compris les caïds de la cité, s’expriment magnifiquement en vers, donnant à ce film des allures romanesques, à la Roméo et Juliette.

« Pendant huit mois, les acteurs ont répété pour apprendre leur texte par cœur », a précisé Mohamed Hamdaoui, l’un des deux réalisateurs, très ému en recevant ces deux prix. « On ne s’y attendait vraiment pas. Il y avait pourtant beaucoup de films de qualité », a encore déclaré le metteur en scène.

« Cette année, nous avons reçu énormément de films, la preuve que notre festival intéresse de plus en plus de monde », nous confirmait avant le début du festival l’un des organisateurs, Djamal Soifeini. « Chaque année, c’est difficile mais quand on voit le bonheur sur les visages des participants, on se dit qu’on a raison de continuer », ajoute son collègue Larif Mze.

Le jury a également décerné son coup de cœur à Walid Ben Mabrouk et Gaëtan Moumani pour « Enfant de cœur », un film émouvant qui raconte les retrouvailles de jumeaux, séparés à l’enfance et placés dans les institutions.

Le prix du meilleur Film Très court revient est revenu au film « Le Ticket », de Laurent B & Agathe Mourier : Que se passe-t-il quand lors d’une soirée entre amis, l’un d’eux découvre avoir gagné 1 million d’euros ?

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.