L’humoriste Wahid Bouzidi remonte sur scène 3 mois après son AVC

 L’humoriste Wahid Bouzidi remonte sur scène 3 mois après son AVC

Wahid Bouzidi est humoriste. Mais ces derniers temps, il n’a pas eu beaucoup de raisons de se marrer. En juin dernier, il a été victime d’un second AVC. Malgré ses galères, il affirme être heureux. Et son bonheur, c’est surtout sur scène qu’il le savoure. Ce jeudi 9 septembre, l’humoriste de 43 ans était au théâtre « Le Grand Point Virgule », à Paris, où il a présenté devant une salle comble la première de son spectacle « Graisse Anatomie ». Et franchement, on a bien ri.

 

« Graisse Anatomie » - Wahid BouzidiLCDL : Comment vous sentez-vous ?

Wahid Bouzidi : Je vais plutôt bien. Enfin, tout est relatif. En juin dernier, j’ai fait un deuxième AVC et il y a un mois, j’arrivais à peine à marcher. Les médecins n’ont pas arrêté de me dire que je ne remonterai plus jamais sur scène. Et il y a une semaine, je présentais mon spectacle ! Le fait de tenir des heures sur scène est une revanche. Alors, je ne vais surtout pas me plaindre. J’ai pris conscience qu’on est juste de passage, qu’il faut juste kiffer la vie. Pour ne pas être essoufflé sur scène, j’ai repris le sport, je fais beaucoup de cardio.

On sent que vous avez besoin d’être sur scène …

Oui. Chez moi, c’est viscéral. Je suis dans mon élément quand je suis face à un public. Avec tout l’amour que je reçois de lui, c’est normal. Tout cet amour, c’est juste magnifique. On est comme une grande famille.

Votre spectacle est très personnel …

Tout est vrai dans mon spectacle. Je raconte tout. Pas de tabous. C’est vrai, je parle de choses négatives mais j’essaie de positiver. Malgré toutes mes galères, je suis heureux. La vie, bien que difficile, mérite d’être vécue jusqu’au bout.

C’est un spectacle où on se marre beaucoup. Et puis, vous vous moquez beaucoup de votre surcharge pondérale … 

Je suis gros, enfin, très gros même, mais je ne veux surtout pas que les gens aient pitié de moi. Je n’ai pas honte d’être gros. Je le vis bien. Ça fait partie de qui je suis. J’adore manger. Oui, j’aime bien me moquer de ma surcharge pondérale. Je commence par moi pour mieux attaquer les autres ! Mais j’ai des limites : si je sens que mes propos blessent l’autre, j’arrête tout de suite et je lui présente mes excuses.

A un moment dans le spectacle, vous dites que vos amis vous ont déçus …

Quand j’étais à l’hôpital, mes amis ont oublié que j’étais malade. A part ma femme qui était à mon chevet, beaucoup ont brillé par leur absence. Comme par hasard, ils sont de nouveaux de retour. Ils ont vu que la lumière était revenue et que je suis de nouveau sur scène…

Quels sont vos projets ?

En novembre, je joue dans un long-métrage. Mais j’y vais doucement. Depuis mon deuxième AVC, je veux vraiment prendre le temps de vivre. Avant, je courais dans tous les sens. Quand j’étais dans ce lit d’hôpital, je pensais à des choses que je ne prenais jamais le temps de faire. Dans ma chambre, il y avait un homme à qui on avait amputé une jambe. Je vais souvent marcher au parc. Chose que mon voisin d’hôpital ne peut pas faire seul. Au parc, j’amène un livre avec moi. Je me pose et je savoure l’instant présent et je me dis que le bonheur, c’est aussi ça …

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.