Selon l’OCDE, l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte à l’État

 Selon l’OCDE, l’immigration rapporte plus qu’elle ne coûte à l’État

Des immigrés, ouvriers du bâtiment, travaillant sur un chantier à Paris. JOEL SAGET / AFP / 2019

En faisant le ratio entre les impôts et les cotisations payés par les immigrés et les dépenses publiques de l’État, l’OCDE estime que les migrants ne font globalement pas perdre d’argent à l’État, voire lui rapportent davantage.

 

Il y a les fantasmes et la réalité ! Dans une étude publiée ce jeudi 29 octobre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) explique que le coût de l’immigration pour les États s’équilibre et peut même être positif. « Dans tous les pays, la contribution des immigrés sous la forme d’impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que les pays consacrent à leur protection sociale, leur santé et leur éducation », écrit l’organisation internationale.

Ce rapport de l’OCDE porte sur ses 25 États membres pour la période qui s’étend de 2006 à 2018. En France, la contribution nette des personnes nées à l’étranger est de 1,02% du PIB, elle est donc légèrement excédentaire. Alors que « le coût que peut représenter l’immigration focalise le débat public en France », regrette le chef de la division Migrations de l’OCDE, Jean-Christophe Dumont. « On montre que cette question ne devrait pas nous obséder, car quand on fait le compte, on observe que la contribution est positive jusqu’à la prise en compte des dépenses militaires et de la dette publique ».

 

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Les auteurs du rapport expliquent qu’en effet, lorsque le budget de la défense et le remboursement de la dette publique, qui ne concernent pas que les immigrés mais toute la population, sont pris en compte, la contribution devient négative pour la France, comme pour la moyenne des 25 pays étudiés. « L’impact budgétaire des immigrés est faible », résume Ana Damas de Matos, auteure de l’étude, battant en brèche les discours de certains politiques.

Cette étude est la première sur le sujet depuis 2013, mais de précédentes ont abouti aux mêmes conclusions. Et l’OCDE va plus loin, s’appuyant sur le manque d’intégration des immigrés sur le marché du travail : en simulant un taux d’emploi similaire au reste de la population, les immigrés pourraient générer 0,2% du PIB supplémentaires pour les comptes publics. « La politique d’intégration, ce n’est pas une dépense, il faut voir ça comme un investissement. Avec un retour sur investissement », conclut Jean-Christophe Dumont.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.