Boxe – Poids Moyens. « Guito », champion de France pour la première fois

 Boxe – Poids Moyens. « Guito », champion de France pour la première fois

Moughit El Moutaouaki, dit « Guito », a décroché la ceinture de champion de France des poids moyens, à Tours lors du Gala des Princes, le 11 décembre 2021.

A 32 ans, Moughit El Moutaouaki dit « Guito », (16 victoires, 2 défaites, 1 nul), a désormais tout gagné en France. Après avoir remporté le « tournoi de France » en 2018, la « Coupe de France » l’année suivante, le boxeur, originaire de Corbeil -Essonnes (91) est devenu à Tours lors du Gala des Princes, le nouveau champion de France professionnel des poids moyens. Face à Idaas Redjdal (14 combats, 10 victoires), « Guito » remporte le combat disputé en dix rounds à l’unanimité des juges.

 

« Il faut être deux pour faire un beau combat et je tire mon chapeau à mon adversaire. J’ai combattu quelqu’un de vaillant et de solide », lâche d’emblée. Moughit El Moutaouaki. Pourtant, le combat aurait pu s’arrêter très vite pour le pensionnaire du Levallois Sporting Club.

Contré avec une droite en plein visage au deuxième round, « Guito » vacille jusqu’à mettre deux genoux au sol. On le croit K.O, il se relève vite. Trop vite, avouera-t-il après le combat. « J’aurais dû rester quelques secondes au sol pour reprendre mon souffle. C’est le métier qui rentre », analyse-t-il après coup.

Ebranlé, mais pas abattu, « Guito » se remet au travail en usant au fil des rounds son adversaire. Un travail de sape payant puisqu’il est déclaré vainqueur à l’unanimité au terme des dix rounds.

Il faut dire que Moughit El Moutaouaki est un coriace. Il ne lâche jamais rien. « Je m’entraine dur. Je pousse mon corps au delà de mes limites », avoue-t-il. Professionnel sur le papier, il travaille en tant qu’agent territorial au service des sports de la ville de Corbeil-Essonnes. Il s’entraine 6 jours sur 7 deux fois par jour.

« Heureusement, je me suis arrangé avec mon employeur pour pouvoir quitter le travail à 15h. Une fois sorti, je pars directement à la salle de boxe de Levallois. En partant tôt, j’évite les embouteillages ! Je rattrape mes heures en donnant des cours de boxe le week-end à Corbeil-Essonnes », explique « Guito ».

Moughit El Moutaouaki avait pourtant arrêté la boxe à 18 ans. Il attendra huit longues années  pour reprendre une licence. « J’ai grandi sans père. Il est décédé quand j’étais minot. Je me battais beaucoup à l’école. A l’âge de 15 ans, on m’a emmené dans un club de boxe pour me calmer. J’ai boxé jusqu’à l’âge de 18 ans. Et après, j’ai dû arrêter. Je n’arrivais pas à concilier ma vie privée et professionnelle avec la pratique intensive de la boxe », raconte « Guito ».

Il a 26 ans donc quand il remet les gants. 26 ans et 30 kilos en plus ! Il se pointe alors dans son club local, à Corbeil-Essonnes.

« Je demande une licence amateur pour pouvoir faire des combats. Ça les a fait rire ! Je pesais 98 kg ! Ils m’ont proposé plutôt d’aller boxer en loisirs, avec les débutants ! Je ne pouvais même pas m’entrainer en amateur alors que jeune j’avais tout éclaté ! », sourit « Guito ». Avant de redevenir sérieux : « J’avais la larme à l’œil. Alors, je suis parti prendre une licence au club de Massy ».

La suite ? Tout va très vite. Nous sommes en 2015. Il remporte haut la main ses six premiers combats amateurs, boxe la première fois en professionnel, le 5 Mars 2016 à domicile, à Corbeil Essonnes. Un premier combat qu’il gagne. « C’était un grand moment entouré des miens », se souvient ému « Guito ».

Le 5 octobre dernier, Moughit El Moutaouaki avait déjà obtenu à Monaco une chance de devenir pour la première fois Champion de France. Face au jeune boxeur normand Matteo Hache, « Guito » s’était incliné, sur décision partagée, à la surprise de nombreux observateurs… et de lui-même. « J’avais fait le nécessaire pour gagner. Même le président de la fédération m’avait félicité juste avant l’annonce du résultat et pensait que j’avais gagné. Les juges en ont décidé autrement », regrette-t-il.

Pas le temps pour lui de se plaindre sur son sort, le voici reparti au charbon. Ce samedi 11 décembre, il réalise son rêve en décrochant sa première ceinture nationale.

« Je vais couper pendant un mois. Si on m’offre une opportunité à l’international, je n’hésiterai pas », conclut déterminé le boxeur. Toujours plus haut, toujours plus fort …

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.