La France ouvre ses archives judiciaires et policières d’Algérie avec 15 ans d’avance

 La France ouvre ses archives judiciaires et policières d’Algérie avec 15 ans d’avance

Photo prise le 29 octobre 2001 dans une salle du Service historique de l’Armée de terre (SHAT) au château de Vincennes, des rayonnages où sont archivés les documents historiques recueillis sur la guerre d’Algérie. AFP PHOTO DANIEL JANIN (Photo by DANIEL JANIN / AFP)

Une excellente nouvelle en cette fin d’année. La France a ouvert ce jeudi 23 décembre ses archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police dans l’Algérie en guerre contre la colonisation, en vertu d’un texte publié au Journal officiel. L’arrêté du ministère de la Culture rend consultables toutes « les archives publiques produites dans le cadre d’affaires relatives à des faits commis en relation avec la guerre d’Algérie entre le 1er novembre 1954 et le 31 décembre 1966 ».

 

La décision avait été annoncée il y a une dizaine de jours. Sans cela, les premiers documents n’auraient été consultables qu’en 2029.

Cela concerne « les documents relatifs aux affaires portées devant les juridictions et à l’exécution des décisions de justice » et « les documents relatifs aux enquêtes réalisées par les services de la police judiciaire ».

Ces documents sont conservés « aux Archives nationales, aux Archives nationales d’outre-mer, dans les services départementaux d’archives, dans le service des archives de la préfecture de police, dans les services d’archives relevant du ministère des Armées et à la direction des archives du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères », précise l’arrêté. Tous ces dossiers étaient de droit non consultables pendant 75 ans, sauf en obtenant une dérogation.

Depuis une vingtaine d’années, les gouvernements français successifs ont facilité l’accès à des archives relatives à des périodes sensibles de l’histoire du pays : d’abord la Seconde Guerre mondiale et l’Occupation, puis la fin de l’empire colonial après guerre.

Le président Emmanuel Macron a promis d’aider les historiens à éclairer les zones d’ombre de l’action de la France en Algérie, du début de l’insurrection indépendantiste en 1954 jusqu’à l’indépendance en 1962.

En septembre 2018, il reconnaissait que la disparition du mathématicien et militant communiste Maurice Audin, en 1957 à Alger, était le fait de l’armée française et ouvrait les archives sur cette affaire. Puis en mars 2021, il annonçait une simplification de la procédure pour accéder par dérogation aux documents classifiés de plus de 50 ans.

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.