Présidentielle 2022 : Dernière étape de la tournée « Nos quartiers ont de la gueule » à Paris, le 12 mars

 Présidentielle 2022 : Dernière étape de la tournée « Nos quartiers ont de la gueule » à Paris, le 12 mars

La Caravane « Nos quartiers ont de la gueule », du collectif « Pas sans Nous », lors de la 42e étape à Sarcelles, le samedi 26 février 2022. Photo : DR

Il y a un peu plus de quatre mois, le président du collectif « Pas sans nous » lançait à Montreuil (93) avec le reste de son équipe « Nos quartiers ont de la gueule ». Une tournée à travers la France, à bord d’une caravane qui a débuté le 29 octobre dernier et qui se terminera à Paris le 12 mars.

 

Présidentielle 2022 : Dernière étape de la tournée « Nos quartiers ont de la gueule » à Paris, le 12 mars.
La Caravane « Nos quartiers ont de la gueule », à Sarcelles, samedi 26 février 2022. Photo : DR

Mohamed Mechmache l’avoue : le 12 mars, pour le dernier jour de la tournée, il aura un petit pincement au cœur. « Même si tout n’a pas été rose lors de ce voyage, nous avons passé d’excellents moments et nous avons été à chaque fois bien accueillis », se félicite le militant.

En tout ce sont 44 villes traversées, dont Lyon, Marseille, Grenoble, Perpignan, Toulouse, mais aussi Roubaix, Tourcoing, Maubeuge, Lille, ou encore Mulhouse et Strasbourg.

44 étapes pour recueillir les doléances des habitants des quartiers populaires, à travers un questionnaire remis aux habitants, autour de différentes thématiques, comme l’emploi, la culture, la sécurité ou le pouvoir d’achat…

« Cette question du pouvoir d’achat est souvent revenue. Les gens que nous avons interrogés ont conscience de toutes les inégalités qu’ils subissent au quotidien, se rendent compte qu’ils ont moins accès aux soins que les autres, que leurs écoles sont moins bien loties », précise le responsable associatif.

Autre grief retenu : le sentiment de ne pas être considérés comme les autres Français. « Beaucoup dénoncent la montée des discours racistes et le regard négatif que porte la société sur eux », explique Mohamed Mechmache, qui se veut tout de même optimiste au final : « nous avons rencontré surtout des personnes qui ont envie de se battre pour améliorer leur sort ».

Cette tournée a été aussi une occasion pour les organisateurs de peser sur la campagne présidentielle et d’instaurer « un rapport de force », concède Mohamed Mechmache.

« Le sort des quartiers populaires est invisibilisé dans cette campagne », regrette-t-il. « C’est pour ça qu’on a fait cette tournée », pointe déterminé Mohamed Mechmache.

La dernière étape de « Nos quartiers ont de la gueule » aura donc lieu le 12 mars, au théâtre « Le République » à Paris. Le collectif fera une synthèse des milliers de doléances recueillies lors de cette tournée, avant de rédiger un manifeste qui sera transmis aux candidats à l’élection présidentielle, « à tous, sauf Le Pen et Zemmour », tient à rappeler d’emblée Mohamed Mechmache.

« La balle est dans le camp des candidats. On n’appellera pas à voter pour quelqu’un en particulier mais on dira qui a pris en compte nos considérations », promet encore Mohamed Mechmache.

 

>> Lire aussi : Lassées par l’islamophobie : ces élites musulmanes qui quittent la France

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.