Perpignan. Le boxeur « Guito » avant son championnat de France : « La défaite n’est pas une option pour moi ».

 Perpignan. Le boxeur « Guito » avant son championnat de France : « La défaite n’est pas une option pour moi ».

« Guito », lors de la pesée ce jeudi 20 octobre 2022, à Perpignan. Photo : DR

Ce vendredi 21 octobre au Palais des Expositions de Perpignan (66), le boxeur Moughit El Moutaouakil, dit « Guito » (18 victoires, 2 défaites, 2 nuls), pourrait devenir Champion de France des Poids moyens (-72,500 Kg) pour la 3ème fois. A 33 ans et professionnel depuis 2016, le boxeur français, originaire de Corbeil-Essonnes (91) n’a jamais semblé aussi fort. Pour la ceinture nationale, Guito » affronte Diego Natchoo alias « L’indien », un boxeur expérimenté de 30 ans, 23 combats 3 défaites et 5 nuls, originaire d’Agde, la ville d’à côté…

 

LCDL : Ce soir, votre adversaire boxe à domicile…

« Guito » : Effectivement. Je m’attends à une grosse ambiance hostile. Mais vous savez, dans les gradins, ils peuvent être des milliers à soutenir mon adversaire, au final, nous sommes deux sur le ring. Et ça se passera donc entre lui et moi. 

Justement, comment jugez-vous votre adversaire ? 

Tout le monde s’attend à un combat équilibré. Je respecte tous les boxeurs et encore plus mes adversaires parce qu’il faut du courage pour monter sur un ring. Je n’ai jamais rencontré Diego Natchoo, je sais juste que c’est un boxeur qui a de la bouteille, il a plus de combats que moi, a déjà été champion de France à trois reprises et n’a jamais pris de K.O de sa vie. Il a tout mon respect. Ceci dit, la défaite n’est pas une option pour moi : je ne suis pas venu à Perpignan faire le tour de la ville. 

Pourquoi avoir abandonné votre titre en mai 2022 ? 

Par amitié et loyauté. Si je renonçais à la ceinture, je donnais la possibilité à un ami Khalilou Dembélé de disputer le titre de Champion de France. Avec Khalilou, on était licencié à Massy, le club qui m’a relancé en 2015. On s’entraînait ensemble et nous avions le même entraîneur, Jacky Trompesauce. 

Et puis, vous savez en mai 2022, j’avais déjà gagné deux fois le titre de Champion de France alors je trouvais juste et élégant de laisser ma place à un boxeur méritant. Malheureusement, Khalilou a perdu face à Franck Zimmer que j’ai battu en mars dernier à domicile, à Corbeil-Essonnes.  

Vous rêvez du titre européen, alors pourquoi avoir décidé de combattre de nouveau pour la ceinture nationale ?

Il y a un mois, le challenger officiel s’est blessé à l’épaule alors on m’a contacté pour me demander si j’acceptais le combat pour cette ceinture nationale. Je n’ai eu que quatre semaines pour me préparer, mais comme j’avais déjà boxé cet été à Fréjus face à un Allemand (NDLR : combat qu’il a remporté), je ne pars pas de zéro. J’ai donc accepté ce combat. 

Mais c’est clair comme j’ai tout gagné en France, je vais tout faire pour décrocher le titre européen après ce combat. D’ailleurs, je ne comprends pas qu’avec toutes mes victoires, je sois seulement dixième du continent. J’espère que si je gagne ce soir, je remonterai dans le classement. 

Le 5 mars 2016, vous faites votre premier combat professionnel à Corbeil-Essonnes, chez vous, devant vos proches, vous vous attendiez à atteindre un tel niveau  six ans plus tard ? 

Je m’entraîne dur, quasiment tous les jours. La boxe est un sport difficile qui demande de l’abnégation. Et puis, je reviens de tellement loin, j’avais arrêté la boxe à l’âge de 18 ans. Et quand j’ai voulu reprendre, on s’est foutu de moi : j’avais pris 30 kilos à l’époque et en me voyant arriver, personne n’a cru une seconde que je pourrais devenir un jour un champion. Et quand c’est dur, je repense à tous ces moments-là.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.