Torrent d’indignation après l’annonce du concert en Israël du rappeur franco-algérien Heuss l’Enfoiré

 Torrent d’indignation après l’annonce du concert en Israël du rappeur franco-algérien Heuss l’Enfoiré

Le rappeur franco-algérien Heuss l’Enfoiré s’attendait-il à ce torrent d’indignation en annonçant qu’il allait se produire à Tel Aviv le 11 mai prochain ?

>> A lire aussi : Palestine : pour en finir avec les idées reçues

Depuis que l’interprète de Bar-Mitzvah a publié jeudi 20 avril une vidéo sur les réseaux sociaux pour annoncer son prochain concert en Israël, les réactions hostiles se déchainent.

La Campagne BDS France qui s’oppose à l’occupation israélienne par des appels répétés au boycott a demandé à l’artiste de ne pas aller « soutenir les crimes de guerre contre le peuple palestinien et de ne pas divertir l’apartheid israélien avec son concert ». 

Le Collectif Palestine Vaincra appelle à boycotter ce concert qu’il considère comme « une vaste opération de promotion de l’occupation israélienne. »

Sur une publication Instagram, alors que Heuss l’enfoiré faisait la promotion de la destination Mexique, Elsa Lefort, l’épouse de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri a tenté d’être pédagogue : « Le Mexique pourquoi pas mais @heuss_lenfoire pas Israël ! Vous ne pouvez pas divertir l’occupation qui fait souffrir chaque jour les Palestiniens ! Annulez votre showcase à Tel Aviv ! », a demandé Elsa Lefort.

D’autres internautes ont tenu à montrer leur désapprobation, souvent en passant par l’insulte, d’autres, comme Saleh, ont préféré ironiser : « Tu portes bien ton nom », a raillé ce dernier.

Beaucoup ont été surtout surpris par cette annonce et ont rappelé les origines de l’artiste. Heuss l’enfoiré a des origines algériennes et l’Algérie est le seul pays du Maghreb à ne pas entretenir de relations diplomatiques avec Israël. Sabrine n’y est pas allée par quatre chemins : « Commence à poser ta nationalité cousin. T’as rien d’algérien. Ne mets pas un pied dans notre pays », a-t-elle menacé sur Instagram.

De son côté, l’Union Algérienne, une association qui souhaite « rassembler la diaspora algérienne à travers le monde », a promis sur Twitter que si le concert était maintenu, elle ferait « le nécessaire pour demander auprès des autorités (Ndlr : algériennes) la déchéance de nationalité et/ou une interdiction définitive d’accès au territoire algérien pour cet individu (conformément aux dispositions de l’article 62.2 du code pénal). »

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.