Le Parlement portugais adopte une résolution reconnaissant la Nakba palestinienne

 Le Parlement portugais adopte une résolution reconnaissant la Nakba palestinienne

Trois membres de la Haganah, la force d’autodéfense de l’Agence juive, escortent le 12 mai 1948 à Haïfa trois Palestiniens expulsés de la ville après la prise du port par les forces juives le 22 avril 1948. La première guerre israélo-arabe de 1948-1949 reflète l’opposition des États arabes à la formation de l’État juif, qu’ils considèrent comme un territoire arabe. Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations unies a voté la résolution 181 sur le partage de la Palestine en deux États, l’un juif et l’autre arabe. INTERNATIONAL NEWS PHOTOS (INP) / AFP

Une bonne nouvelle passée presque inaperçue. Le Parlement portugais a adopté ce vendredi 21 juillet une résolution reconnaissant la Nakba palestinienne et apportant son soutien à « la lutte du peuple palestinien pour l’autodétermination ».

Le 15 mai 1948, en pleine guerre israélo-arabe et au lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël, 800 000 Palestiniens quittent leurs maisons, leurs terres, poursuivies par les milices sionistes. Un évènement tragique plus connu sous le nom de Nakba.

La Nakba, c’est aussi la destruction entre 1947 et 1949, de plus de 500 villages palestiniens, dont le plus connu est Deir Yassine, situé à l’ouest de Jérusalem. Ses 250 habitants furent massacrés par les forces d’occupation israéliennes.

La résolution portugaise, adoptée à la majorité des députés, condamne fermement « l’expansionnisme » d’Israël en Cisjordanie ainsi que sa « violation continue du droit international ».

Le texte appelle par ailleurs le gouvernement portugais à adopter une position « claire et franche » en faveur de la défense des droits du peuple palestinien, comme le rapporte l’agence de presse palestinienne WAFA.

Les députés du Parti socialiste (PS) au pouvoir, du Parti communiste (PCP) et du Bloc de gauche (BE) ont voté en faveur de la résolution, tandis que ceux du Parti social-démocrate (PPD/PSD) et du parti de droite Chega (CH) ont voté contre.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères s’est réjoui de la reconnaissance de la Nakba par le Parlement ainsi que du soutien exprimé envers la lutte du peuple palestinien.

Dans une déclaration, il a souligné que l’adoption de la résolution témoignait de la véritable solidarité du Portugal envers le sort du peuple palestinien, une solidarité qui perdure depuis 75 ans.

Le ministère a également considéré cette étape comme un « premier pas » vers la reconnaissance par le Portugal de l’existence d’un État palestinien, selon les informations relayées par WAFA.

La diplomatie palestinienne a exprimé l’espoir que d’autres pays emboîtent le pas en adoptant des résolutions similaires reconnaissant la Nakba comme une « tragédie humaine » aux « effets et répercussions permanents ».

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.