Santé : L’intelligence artificielle au secours de l’Afrique

 Santé : L’intelligence artificielle au secours de l’Afrique

MYCHELE DANIAU / AFP

Difficulté majeure pour de nombreux pays sur le continent, la santé connaît une révolution avec le numérique et la digitalisation. 3 start-ups marocaines concentrent leurs efforts pour l’amélioration des soins grâce à l’intelligence artificielle.

La santé numérique va représenter 559,2 milliards de dollars (513,57 milliards d’euros) d’ici à 2027, selon le rapport du cabinet Fortune Business Insights. Dans certains cas, les algorithmes d’intelligence artificielle permettent déjà d’analyser en temps réels les nécessités de couverture des soins. Au Maroc, 3 entreprises ont été sélectionnées dans le programme panafricain « Investir dans l’innovation » (i3).

Ainsi, Deepecho utilise l’IA pour l’imagerie et le diagnostic prénatal. De son coté, Medevice de la Fondation Marocain pour les Sciences Avancées, a mis en place 3 dispositifs médicaux pour améliorer les diagnostics médicaux (suivi des signes vitaux, analyse de Covid-19, interprétation de résultats de la tuberculose à l’œil nu). Enfin, Sobrus utilise des solutions Cloud pour connecter les pharmacies, grossistes-répartiteurs et distributeurs via une plateforme numérique.

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Gain écologique et économique de productivité

Installée depuis plus de 10 ans dans le paysage pharmaceutique marocain, Sobrus est une vraie réussite à la marocaine. Omar Sefiani, son co-fondateur avec son ami d’enfance Yahya Zahraoui, a suivi des études d’expertise comptable comme son père. « Je voulais avoir une vision globale de l’entreprise. J’ai étudié en France mais je voulais revenir au Maroc pour y apporter de la valeur ajoutée. Nous nous sommes concentrés sur la santé car nous sentions que nous pouvions être utiles dans ce domaine. »

Ses logiciels SAS permettent de simplifier les tâches chronophages des pharmaciens et d’assurer la traçabilité des médicaments. « Nous contribuons à faire baisser les tensions sur les médicaments, rajoute Omar Sefiani. La Covid a modifié les rapports entre le pharmacien et son grossiste-répartiteur qui avait besoin d’une force de vente sur place pour les commandes. Avec quelques clics, les pharmaciens peuvent commander et même anticiper leurs besoins sans perdre d’argent. »

Utilisée par une pharmacie sur deux au Royaume, l’entreprise a intégré de l’intelligence artificielle pour éviter les ruptures de stock et les nombreux allers-retours quotidiens de livraisons. « Les pharmaciens doivent jongler entre des petits stocks, la possibilité d’avoir les médicaments rapidement et l’étendue des références. Avec notre solution, nous permettons d’éviter le sur stockage ou de renvoyer les clients, le temps de recevoir le médicament. »

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Une solution contre les faux médicaments

Avec des données devenues anonymes, l’intelligence artificielle permet aussi à l’entreprise de mieux comprendre la filière médicament. Installée dans 12 pays d’Afrique, Sobrus voit l’IA comme une solution pérenne et révolutionnaire pour la santé. « Nous avons pu observer les changements sur l’efficacité opérationnelle. C’est aussi une solution contre les faux médicaments qui font des ravages en Afrique.» Pour Omar Sefiani, la digitalisation apporte aussi une différence majeure dans l’approche de couverture de soins. « Quand on parlait santé, seuls les infrastructures physiques étaient évoquées. Dorénavant avec le digital, on assiste à une profonde accélération sans contrainte de temps. Une application au Maroc peut devenir scalable le lendemain au Burkina Faso. Les paiements par téléphone et la digitalisation vont transformer la couverture médicale dans de nombreux pays. »

 

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.