Gaza. Pour sauver son père atteint d’un cancer, Hesham lance une cagnotte en ligne

 Gaza. Pour sauver son père atteint d’un cancer, Hesham lance une cagnotte en ligne

Le père du Gazaoui Hesham, Ahmed Skaik, atteint d’un cancer du cerveau, hospitalisé au Caire. Photo : Hesham Skaik

Les journées et les nuits d’Hesham Skaik sont devenues un combat incessant. Exilé à Bruxelles depuis cinq mois, ce Palestinien de 37 ans ne cesse de penser à la population bloquée à Gaza et à son père « hospitalisé en urgence depuis quelques semaines au Caire, en Égypte ».

 

La situation est critique : le père d’Hesham, Ahmed Skaik, a été diagnostiqué avec un cancer du cerveau. Tout a commencé peu de temps après le début de l’offensive israélienne sur l’enclave palestinienne, en octobre dernier, lorsque Ahmed a ressenti une douleur au cerveau.

« Malheureusement, les examens nécessaires ne pouvaient pas être réalisés à Gaza, les hôpitaux étant régulièrement ciblés par l’armée israélienne », explique avec tristesse Hesham.

L’état de santé de son père se détériore rapidement, et il devient évident qu’une évacuation d’urgence vers l’Égypte est indispensable. Mais quitter Gaza est un véritable chemin de croix, même pour quelqu’un de gravement malade.

Les autorités égyptiennes refusent d’accueillir en masse leurs voisins palestiniens, craignant une déstabilisation de leur pays. Elles redoutent aussi l’arrivée en masse, parmi les réfugiés, de militants du Hamas, émanation des Frères musulmans, auxquels le maréchal Abdel Fattah al-Sissi est en conflit ouvert dans son pays.

Hesham se renseigne et découvre stupéfait qu’il faudra trouver 5 000 euros par tête pour avoir le droit de partir. Franchir le terminal de Rafah, la seule porte de sortie de l’enfer de Gaza, est devenu un business lucratif pour certains. De nombreux Gazaouis sont contraints de payer des sommes exorbitantes à des agences de voyages égyptiennes, liées aux renseignements égyptiens, pour passer la frontière.

Après avoir rassemblé les fonds nécessaires, une partie de la famille Skaik parvient à franchir la frontière égyptienne et à arriver au Caire. « Je croyais avoir fait le plus dur quand mon père a été pris en charge par un hôpital public », raconte le trentenaire. Le diagnostic est sans appel : son père a un cancer du cerveau.

Pour avoir une chance de survivre, Ahmed Skaik a besoin de « 30 séances de chimiothérapie et d’un suivi médical permanent », détaille, dépité, Hesham. Le coût total est estimé à 40 000 euros. C’est à ce moment-là que le jeune Gazaoui décide de lancer une cagnotte en ligne.

« Je n’ai pas d’autres choix. Nos économies nous ont permis de sortir de Gaza, mais nous n’avons plus rien », justifie-t-il. « Votre soutien et vos contributions peuvent faire une différence significative dans notre situation. Tout don, aussi modeste soit-il, sera grandement apprécié et servira directement à couvrir les coûts de son traitement », souligne encore le trentenaire.

>> Pour aider le père d’Hesham :

https://www.gofundme.com/f/my-father-has-cancer-should-we-help-him?utm_campaign=p_cp+fundraiser-sidebar&utm_medium=copy_link_all&utm_source=customer

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.