Municipales à Aubervilliers : Nabila Djebbari revient sur l’union de la gauche face à Franclet

 Municipales à Aubervilliers : Nabila Djebbari revient sur l’union de la gauche face à Franclet

Nabila Djebbari, candidate aux municipales à Aubervilliers, lors de sa campagne du 25 décembre 2025, plaide pour l’union de la gauche au second tour face à la maire sortante Karine Franclet. ©AdKShoot

À Aubervilliers, Nabila Djebbari explique pourquoi les listes de gauche se sont unies pour affronter la maire sortante Karine Franclet au second tour des municipales, cinq ans après la perte d’un bastion historique de la gauche.

À Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, le second tour des municipales se jouera dimanche en duel. Arrivée de peu en tête au premier tour avec 65 voix d’écart, Karine Franclet (UDI) affrontera une liste d’union de la gauche menée par Sofienne Karroumi.

Les trois listes de gauche qualifiées – celles de Sofienne Karroumi (25,56 %), Nabila Djebbari (21,48 %) et Guillaume Lescaut (20,46 %) – ont décidé de fusionner pour le second tour, écartant toute triangulaire. Une stratégie assumée pour « battre la droite » et provoquer une alternance, cinq ans après la perte d’un bastion historique de la gauche.

Une union qui pourrait faire gagner la gauche, là où les divisions l’avaient fait perdre en 2020. La maire sortante dénonce, elle, une « alliance contre-nature » et met en doute la capacité de cette coalition à gouverner.

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Entretien avec Nabila Djebbari

Pourquoi avoir choisi l’union avec les autres listes de gauche ?

L’objectif, c’est de travailler ensemble pour porter une véritable union de la gauche. On ne voulait surtout pas refaire l’erreur de 2020, où nos divisions avaient permis à la droite de l’emporter pour la première fois.

Ce souvenir de 2020 a donc pesé dans votre décision ?

Énormément. Ce fut un traumatisme pour beaucoup d’entre nous. Dès le début de la campagne municipale, tout le monde savait que la division nous affaiblissait. Cette fois, il fallait se rassembler.

Justement, pourquoi ne pas s’être rassemblés dès le premier tour ?

Nous avons essayé cette union dès le premier tour, en établissant une charte pour fixer un cadre. Mais ça n’a pas abouti. Certains ont pensé qu’il était préférable de partir seuls. Aujourd’hui, on le fait au second tour, et c’est l’essentiel.

Comment s’est concrètement construite cette alliance ?

On s’est parlé dès dimanche soir, assez tard après les résultats. J’ai appelé les deux autres candidats pour les féliciter, puis on a rapidement évoqué une union. L’idée était claire : rassembler toutes les gauches. Dès le lendemain (NDLR : lundi 16 mars), nous nous sommes vus et les discussions ont été rapides. Nos programmes se rejoignent sur beaucoup de points.

Aucune liste n’aura de majorité seule. Est-ce compliqué pour gouverner ?

Justement, ça nous oblige à travailler ensemble. Il faudra fonctionner en équipe, dialoguer, construire des compromis. Je le répète : nos programmes ont énormément de points de convergence. Je suis confiante pour la suite.

Comment vont se répartir les portefeuilles municipaux ?

On sera sur une proportionnelle entre les trois forces. La liste compte 53 noms, et chacun sera représenté équitablement.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.