Mourad Battikh : l’avocat pénaliste des grandes affaires judiciaires

 Mourad Battikh : l’avocat pénaliste des grandes affaires judiciaires

Mourad Battikh, avocat pénaliste à Paris spécialisé dans les grandes affaires judiciaires.

Mourad Battikh, avocat pénaliste à Paris depuis 2018, , s’est imposé en moins de dix ans  comme une figure du barreau dans les grandes affaires judiciaires défrayant la chronique. De l’accident de Pierre Palmade à la disparition de Delphine Jubillar, il défend une vision exigeante de la justice, alliant stratégie juridique et compréhension des parcours humains.

 

Pour lui, devenir avocat relevait presque de l’évidence. « Quel plus beau métier que celui-ci ? Défendre et représenter. C’est un métier qui honore autant qu’il oblige. » En quelques mots, Mourad Battikh résume à la fois sa vocation et sa ligne de conduite.

Ces dernières années, il a été amené à intervenir dans plusieurs dossiers parmi les plus couverts par la presse : l’accident provoqué par Pierre Palmade en février 2023, la disparition de Delphine Jubillar en décembre 2020, ou encore le couple Leslie et Kévin, sauvagement tués en Charente-Maritime en novembre 2022.

Autant de drames où le feu des médias s’ajoute à la complexité judiciaire. Pourtant, cet enfant d’immigrés tunisiens, né en région parisienne il y a une quarantaine d’années, voit d’abord des vies derrière chacun de ces crimes.

 

>> A lire aussi : PORTRAIT. Yassine Bouzrou, avocat franco-marocain qualifié de plus puissant au monde

Une approche humaine et stratégique du droit pénal

Car le droit pénal ne se résume pas à une mécanique juridique. Il révèle des trajectoires et des fractures. Précarité, tensions familiales, fragilités individuelles : autant de réalités qui dessinent, parfois, le terreau du drame.

« On y rencontre des parcours, des chutes, des histoires humaines complexes qu’il faut comprendre. » C’est d’ailleurs cette proximité avec le réel qui a attiré l’étudiant « boulimique de savoir » vers cette branche, qui exige « beaucoup d’intelligence humaine ».

Quant à l’éloquence, ce plaideur, qui a prêté serment en 2018, s’en méfie d’abord, puis la définit sans emphase : « rendre une idée claire, faire entendre une vérité dans un moment où tout est confus ». Trouver les mots justes, au moment juste : une exigence qu’il travaille patiemment — par la lecture, l’écriture, mais surtout par l’écoute.

Écouter les clients, les audiences, les silences aussi. Sa défense, elle, n’est jamais figée : elle s’adapte. Frontale jusqu’au bout lorsque la situation l’exige ; précise, presque chirurgicale, dans d’autres cas. Une seule constante : l’efficacité. « Il faut trouver le bon registre, celui qui fait réellement bouger les lignes. »

 

>> A lire aussi : PORTRAIT. Akrame Benallal, l’architecte du goût

Restaurer la dignité face aux épreuves

Dans son cabinet parisien, les visages qu’il reçoit sont souvent marqués. « Certains arrivent complètement à terre, parfois écrasés par une situation judiciaire ou personnelle extrêmement lourde. »

Puis, au fil des mois, des audiences, quelque chose se redresse. « Retrouver une forme de dignité », dit-il simplement. « Pouvoir sortir quelqu’un de cet enfer judiciaire » laisse forcément une empreinte durable.

Dans un État de droit, insiste Me Mourad Battikh, chacun doit pouvoir être défendu. Défendre, c’est aussi chercher à comprendre : les conditions sociales, un parcours, les mécanismes qui ont conduit à l’irréparable. « Rien ne justifie jamais la violence, mais cela rappelle que les situations ne naissent pas dans le vide et résultent de fragilités. »

Certaines affaires — notamment celles liées aux infractions sexuelles — éprouvent profondément. Mais c’est précisément là que s’exprime, selon lui, la responsabilité de l’avocat.

 

>> A lire aussi : PORTRAIT. Karim Touijer, un chirurgien à bloc

Influences et passions

Par ailleurs, ses références dépassent le seul champ judiciaire. Outre sa famille, qui lui a transmis le goût du travail et une certaine exigence, Edgar Morin l’inspire par sa pensée de la complexité. Stéphane Hessel l’a marqué par la sobriété de son engagement.

Robert Badinter reste une boussole, incarnant une certaine idée de la dignité du droit pénal. Quant à Jacques Vergès, son parcours hors norme nourrit encore sa réflexion sur la stratégie de défense. Et puis, bien entendu, ses pairs plus expérimentés.

Enfin, loin des prétoires, il cultive d’autres passions. La lecture, d’abord, comme refuge et respiration. Le sport aussi, notamment la boxe qui requiert discipline, observation, timing : « il y a des parallèles évidents avec la plaidoirie », glisse-t-il.

L’intensité du moment judiciaire, c’est ce qu’il aime le plus. « On est un peu comme des urgentistes. » Les décisions se prennent vite, les enjeux sont immenses, et une intervention peut, parfois, changer le cours d’une vie. Si la pression est permanente, Me Battikh éprouve une satisfaction d’avoir été « utile » et parfois, décisif.

Mourad Battikh, avocat pénaliste à Paris spécialisé dans les grandes affaires judiciaires.