Sonia Fayman : A Jénine, le théâtre comme arme de résistance

Béatrice Orès, Sonia Fayman, MichèleSibony présentent leur ouvrage collectif. crédit photo : archives personnelles de Michèle Sibony
Sociologue engagée, Sonia Fayman articule son militantisme antiraciste et anticolonial avec un travail culturel en soutien à la Palestine. À Jénine, elle met en avant le rôle du théâtre comme outil de résistance et d’émancipation.
Sonia Fayman, sociologue indépendante, a notamment travaillé sur le stress au travail, le renouvellement urbain et la médiation sociale.
Impliquée dans le volet culturel de de l’UJFP, elle fait partie du réseau Centre international de culture populaire (CICP). Elle participe aussi au Cedetim, ou Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale.
Issue du PSU (fondé en 1960) et des coopérants français post-Mai-68, cette association met en place des groupes de travail sur la Palestine, l’Algérie, l’immigration ou l’Afrique.
Militante antiraciste et anticoloniale, Sonia Fayman identifie plusieurs formes de racisme interdépendantes : colonial, anti-migrants, antisémite et philosémite. Elle refuse leur hiérarchisation.
Pour elle, “nous sommes concernés au premier chef par l’antisémitisme, mais nous contestons son traitement particulier”. Elle dénonce aussi un déséquilibre médiatique. Selon elle, comparer la médiatisation des actes antisémites et celle des attaques islamophobes relève d’un “deux poids, deux mesures inacceptables”.
Loin de considérer Israël comme une “référence centrale”, elle analyse le projet sioniste dans sa relation avec les puissances impériales. Elle souligne aussi la hiérarchisation entre juifs Ashkénazes et Mizrahim (non-ashkénazes).
L’art comme acte de résistance
Outre cette analyse du sionisme, Sonia Fayman s’engage sur le terrain culturel. Elle participe à la lutte pour les droits des Palestiniens à travers des initiatives artistiques.
Elle est membre de l’association ATL Jénine, créée en 2006. Celle-ci soutient le Théâtre de la liberté (The Freedom Theatre) dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie.
Ce projet s’inscrit dans le travail initié par la militante israélienne Arna Mer Khamis (1929-1995). Par le théâtre, il permet aux jeunes Palestiniens de reprendre confiance.
En octobre 2025, place de la République à Paris, Sonia Fayman explique qu’il s’agit d’un “vrai théâtre” qui produit des pièces. Elle décrit un lieu de “participation à la culture de la résistance”.
Malgré les intrusions israéliennes, l’école a continué à fonctionner. Elle vise à “former et éduquer les enfants”. L’objectif est aussi de leur offrir une ouverture sur le monde. Elle veut éviter qu’ils restent enfermés “entre cauchemars et terreurs”.
Son engagement s’inscrit dans celui d’autres voix juives engagées contre la guerre, qui dénoncent les violences et soutiennent les droits des Palestiniens.

Sonia Fayman, Béatrice Orès et Michèle Sibony, éd. Syllepse (2023),
368 p.,
25 €.
FAQ
Qui est Sonia Fayman ?
Sonia Fayman est une sociologue engagée dans les luttes antiracistes et anticoloniales. Elle est impliquée dans l’Union juive française pour la paix (UJFP) et dans des initiatives culturelles liées à la Palestine.
Quel est son engagement politique ?
Elle défend une approche critique des formes de racisme et refuse leur hiérarchisation. Elle s’oppose notamment à un traitement différencié entre antisémitisme et islamophobie.
Quelle est sa position sur le sionisme ?
Sonia Fayman analyse le sionisme à travers son lien avec les puissances impériales et les dynamiques de domination. Elle remet en question sa place comme référence centrale dans l’identité juive.
Pourquoi le théâtre est-il important à Jénine ?
Elle met en avant le rôle du théâtre comme outil de résistance culturelle. À Jénine, il permet aux jeunes Palestiniens de s’exprimer, de reprendre confiance et de s’ouvrir au monde.
Qu’est-ce que le Théâtre de la liberté ?
Le Freedom Theatre, soutenu par l’association ATL Jénine, est un lieu culturel situé dans le camp de réfugiés de Jénine. Il participe à la formation artistique et à l’émancipation des jeunes Palestiniens.
