Michèle Sibony : Pour un antiracisme politique et décolonial

 Michèle Sibony : Pour un antiracisme politique et décolonial

Béatrice Orès, Sonia Fayman, MichèleSibony présentent leur ouvrage collectif. crédit photo : archives personnelles de Michèle Sibony

Porte-parole de l’UJFP, Michèle Sibony s’impose comme une voix critique du débat français sur le conflit israélo-palestinien. Elle déconstruit les accusations d’antisémitisme et défend un antiracisme politique et décolonial.

Michèle Sibony est le poil à gratter de l’intelligentsia franco-juive. Née dans une famille juive marocaine de Rabat, elle est bien connue de la mouvance pro-palestinienne.

Elle se distingue par son appartenance à l’Union juive française pour la paix (UJFP), une organisation antisioniste. Elle est aussi reconnue pour ses prises de position courageuses et parfois iconoclastes.

Formée à l’université israélienne, Michèle Sibony a étudié les lettres et le cinéma entre 1972 et 1977 à l’Université d’Haïfa. Depuis, elle maintient des liens avec des milieux israéliens opposés à l’occupation des territoires palestiniens.

Au lendemain de la seconde Intifada, elle devient vice-présidente de l’UJFP à Paris.

Un conflit qui nous engage tous

Les prises de position de Michèle Sibony analysent les accusations d’antisémitisme visant les mouvements pro-palestiniens. En 2004, elle critique le rapport de Jean-Christophe Rufin, commandé par le ministère de l’Intérieur français. Ce rapport accorde un statut spécifique à l’antisémitisme.

Pour elle, “l’antisémitisme commence toujours par distinguer – exclure – les juifs du corps social en leur conférant des travers ou des vertus particuliers”. Elle ajoute que, dans ce modèle, les juifs peuvent être instrumentalisés. Ils servent alors de bélier, avant de devenir des boucs émissaires.

La militante défend un “antiracisme politique et décolonial”. Elle intervient notamment comme représentante de l’UJFP lors du meeting contre l’islamophobie en mars 2015, à la Bourse du travail de Saint-Denis.

Lors d’une conférence organisée par le magazine Politis à Paris, elle critique la notion de “ne pas importer le conflit” israélo-palestinien en France. Selon elle, cette idée désigne automatiquement une partie de la population arabo-musulmane comme responsable. Elle décharge ainsi la communauté juive française de toute responsabilité.

Elle explique enfin que “le lien avec l’étranger, contenu dans la notion même d’importation, est attribué uniquement à l’importateur arabe”.

Michèle Sibony Béatrice Orès Sonia Fayman livre
ANTISIONISME, UNE HISTOIRE JUIVE
Sonia Fayman, Béatrice Orès et Michèle Sibony, éd. Syllepse (2023),
368 p.,
25 €.

FAQ

Qui est Michèle Sibony ?

Michèle Sibony est une militante française, porte-parole de l’Union juive française pour la paix (UJFP). Elle est engagée dans les luttes antiracistes et pro-palestiniennes.

Quel est son engagement principal ?

Elle défend un “antiracisme politique et décolonial”. Elle critique notamment les formes d’instrumentalisation de l’antisémitisme dans le débat public.

Quelle est sa position sur le conflit israélo-palestinien ?

Michèle Sibony analyse les discours autour du conflit et déconstruit certaines idées, comme celle de “l’importation du conflit” en France.

Que dit-elle sur l’antisémitisme ?

Elle met en garde contre l’instrumentalisation de l’antisémitisme et rappelle qu’il consiste historiquement à exclure les juifs du corps social.

Pourquoi critique-t-elle la notion d’“importation du conflit” ?

Selon elle, cette notion désigne de manière injuste les populations arabo-musulmanes comme responsables, tout en dédouanant d’autres acteurs.