Deux Tunisiens tués par balles en France : la diaspora sous le choc

La communauté tunisienne en France a été profondément ébranlée par deux homicides survenus à moins de 48 heures d’intervalle, dans des circonstances distinctes mais tout aussi violentes.
À Grenoble comme sur l’île de Corse, deux ressortissants tunisiens ont été abattus par arme à feu. Plus qu’un simple fait divers, la séquence suscite une vive émotion et un sentiment d’insécurité parmi les membres de la diaspora.
Un agent de sécurité abattu à Grenoble
Le premier drame s’est déroulé en Isère, dans la nuit du dimanche 12 avril 2026, en plein centre de Grenoble. Houssem Mersni, âgé de 38 ans et originaire de Ghardimaou (Jendouba), a été tué par balles aux alentours de 2h30 du matin, sur la place Notre-Dame. Selon les premiers éléments, la victime venait de terminer son service en tant qu’agent de sécurité lorsqu’elle a été prise pour cible.
Touché par plusieurs tirs, il est décédé sur place malgré l’intervention rapide des secours. Une femme de 26 ans, également présente lors des faits, a été blessée au bras et transportée à l’hôpital. Les circonstances précises de cette attaque restent à déterminer, mais les autorités privilégient pour l’heure la piste d’un règlement de comptes ou d’un acte ciblé. Une enquête judiciaire a été ouverte afin d’identifier le ou les auteurs.
Un entrepreneur tué en Corse, enquête en cours
Deux jours plus tôt, dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 avril 2026, un second Tunisien avait perdu la vie dans des circonstances similaires sur l’île de Corse. Hamdi Ben Rahhouma, 41 ans, chef d’entreprise établi dans la région, a été abattu dans la commune de Solaro, en Haute-Corse.
Selon des informations concordantes, la victime a été visée par des tirs d’arme à feu qui lui ont été fatals sur le coup. Là encore, les circonstances exactes demeurent floues, mais les autorités françaises ont rapidement ouvert une enquête pour homicide volontaire. Aucun lien officiel n’a été établi à ce stade entre les deux affaires, bien que leur proximité temporelle renforce le sentiment d’inquiétude au sein de la communauté tunisienne.
Ces tragédies successives ont provoqué une onde de choc parmi les Tunisiens de France, qui expriment leur inquiétude face à la recrudescence de la violence. Elles interviennent en effet dans un climat déjà tendu, marqué notamment par le meurtre à caractère ouvertement raciste de Hicham Miraoui, survenu à Puget-sur-Argens le 31 mai 2025, qui avait déjà mis en émoi l’opinion. Lâchement abattu de cinq balles par son voisin à Puget-sur-Argens, dans le Var, le quadragénaire, coiffeur de profession, avait été rapatrié et inhumé dans sa ville natale de Kairouan où ses funérailles avaient rassemblé des centaines de locaux en colère.
