La famille de Théo Sanha, mort en cellule, attaque l’État

 La famille de Théo Sanha, mort en cellule, attaque l’État

Intérieur de la maison d’arrêt de Fresnes, où Théo Sanha a été retrouvé mort en cellule en 2022. © Philippe LOPEZ / AFP

Le décès de Théo Sanha, détenu à Fresnes en 2022, fait l’objet d’une information judiciaire. Sa famille a saisi la justice, reprochant à la prison de l’avoir « laissé sombrer ».

 

Théo Sanha a été écroué le 2 décembre 2021. Il devait être jugé en comparution immédiate le 11 janvier, le jour de sa mort, pour non-respect d’une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance.

Il a été retrouvé le matin même en position fœtale, nu, baignant dans l’urine, dans une cellule jonchée de déchets.

L’Inspection générale de la justice a rendu son rapport en mars 2022 : elle dénonce une succession de « défaillances » et de « négligences », aboutissant « au délaissement puis à l’abandon du détenu ».

Agents en bouclier

Théo Sanha a été examiné plusieurs fois par un médecin. Mais son profil aurait nécessité une « réaction individuelle ou collective de prise en charge adaptée » et non une « gestion déshumanisée, ostensiblement distanciée et inadaptée », a estimé l’Inspection générale de la justice.

Une juge d’instruction parisienne a été saisie en septembre 2023 pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger.

Théo Sanha était considéré comme un détenu agressif, notamment car il détruisait du mobilier de sa cellule. Il avait été soumis à une « gestion sécurisée pour ses déplacements » avec des agents en bouclier, a expliqué le directeur de la maison d’arrêt au cours de l’enquête :

« Pour moi, il aurait dû clairement être pris en charge médicalement. Il n’avait rien à faire en détention. »

Pas de mise en examen

La famille a déposé un recours en mai devant le tribunal administratif de Melun. Elle demande que soient versés, à chacun de ses membres, 50 000 euros pour préjudice moral et 5 000 euros pour frais de justice.

Plusieurs surveillants ont été sanctionnés disciplinairement pour manquements. Sur le plan pénal, la juge a terminé ses deux ans d’investigation sans mise en examen.

À ce stade, elle estime que les fautes du personnel ne constituent pas une « cause directe » du décès de Théo Sanha et que les « surveillants, même fautifs disciplinairement, ne se sont pas volontairement abstenus de porter secours à M. Sanha ».

La famille a fait appel.

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Chloé Juhel

Chloé Juhel fait partie de la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Elle participe à la production d’articles d’actualité et au développement des contenus numériques du média.